L’idéal politique de la Monarchie, par Henri V comte de Chambord (1869)

July 15, 2018

 

 

Vous savez mieux que tout autre, mon cher ami, si la pensée de la France, la passion de son bonheur et de sa gloire, le désir de lui voir reprendre dans le monde la place que la Providence lui a assignée, font l’objet de mes constantes et bien vives préoccupations.

 

J’ai toujours respecté mon pays dans les essais qu’il a voulu tenter. On a pu même s’étonner de la persistance d’une réserve dont je ne dois compte qu’à Dieu et à ma conscience. Mais si les amertumes prolongées de l’exil pouvaient avoir un adoucissement, je le trouverais dans la certitude de n’avoir pas manqué à la résolution que j’avais prise envers moi-même de ne point aggraver les embarras et les périls de la France.

 

Cependant, l’honneur et le devoir me recommandaient de la prémunir contre de funestes entraînements. Je n’hésitais pas, vous vous le rappelez, à protester contre les prétentions d’un pouvoir qui, uniquement basé sur le prestige d’un nom glorieux, croyait, au lendemain d’une crise violente, le moment propice pour s’imposer aux destinées du pays.

 

Vous voulez la monarchie, disais-je alors aux Français ; vous avez reconnu qu’elle seule peut vous rendre, sous un gouvernement régulier et stable, cette sécurité de tous les droits, cette garantie de tous les intérêts, cet accord permanent d’une autorité forte et d’une sage liberté, qui fondent et assurent le bonheur des nations ; ne vous livrez pas à des illusions qui, tôt ou tard, vous seraient fatales.

Ce nouvel empire qu’on vous propose ne saurait être cette monarchie tempérée et durable dont vous attendez tous ces biens…

 

La monarchie véritable, la monarchie traditionnelle, appuyée sur le droit héréditaire, et consacrée par le temps, peut seule vous remettre en possession de ces précieux avantages… Le génie et la gloire de Napoléon n’ont pu suffire à fonder rien de stable ; son nom et son souvenir y suffiraient bien moins encore…

 

Les dix-sept années qui viennent de s’écouler depuis que je faisais entendre ces paroles à mon pays n’ont-elles pas justifié mes prévisions et mes conseils ? La France et la société tout entière sont menacées de nouvelles commotions ; aujourd’hui comme il y a dix-sept ans, je suis convaincu et j’affirme que la monarchie héréditaire est l’unique port de salut où, après tant d’orages, la France pourra retrouver enfin le repos et le bonheur.

 

Poursuivre en dehors de cette monarchie la réalisation des réformes légitimes que demandent avec raison tant d’esprits éclairés, chercher la stabilité dans les combinaisons de l’arbitraire et du hasard, bannir le droit chrétien de la société, baser sur des expédients l’alliance féconde de l’autorité et de la liberté, c’est courir au-devant de déceptions certaines.

 

La France réclame à bon droit les garanties du gouvernement représentatif, honnêtement, loyalement pratiqué, avec toutes les libertés et tout le contrôle nécessaires. Elle désire une sage décentralisation administrative et une protection efficace contre les abus d’autorité.

Un gouvernement qui fait de l’honnêteté et de la probité politique la règle invariable de sa conduite, loin de redouter ces garanties et cette protection, doit, au contraire, les rechercher sans cesse.

 

Ceux qui envahissent le pouvoir sont impuissants à tenir les promesses dont ils leurrent les peuples, après chaque crise sociale, parce qu’ils sont condamnés à faire appel à leurs passions au lieu de s’appuyer sur leurs vertus.

Berryer l’a dit admirablement :

« Pour eux, gouverner, ce n’est plus éclairer et diriger la pensée publique, quelle qu’elle soit ; il suffît de savoir la flatter, ou la mépriser, ou l’éteindre.»

 

Pour la monarchie traditionnelle, gouverner, c’est s’appuyer sur les vertus de la France, c’est développer tous ses nobles instincts, c’est travailler sans relâche à lui donner ce qui fait les nations grandes et respectées, c’est vouloir qu’elle soit la première par la foi, par la puissance et par l’honneur.

 

Puisse-t-il venir, ce jour si longtemps attendu où je pourrai enfin servir mon pays !

Dieu sait avec quel bonheur je donnerais ma vie pour le sauver.

Ayons donc confiance, mon cher ami, et ne cessons de travailler dans ce noble but. A la justice et au droit appartient toujours la dernière victoire.

Comptez plus que jamais sur mon affection.

 

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*** Septembre 1864, le comte de Chambord achevait son projet politique ***

 

 

Cette préparation consista pour lui à élaborer un projet politique complet afin que, au jour de la nouvelle Restauration, le gouvernement royal pût s’appuyer sur ce qu’on appelle aujourd’hui « une feuille de route ».

 

Le prince avait, en effet, très tôt compris que la légitimité ne se suffisait plus à elle-même, qu’elle devait, pour redevenir crédible, s’adosser à un projet pour la France.

(Le P-F-M, parti de la France Monarchique est dans cette démarche comme vous pouvez le constater).

 

En d’autres termes, ne plus prétendre au pouvoir suprême comme à un droit historique mais comme à un devoir imposé à l’aîné des Capétiens.

Jamais aucun de ses prédécesseurs ne s’était livré à un tel exercice. Il est vrai qu’un exil, alors de presqu’un quart de siècle, avait fourni du temps à la méditation.

 

La doctrine politique du comte de Chambord s’est édifiée progressivement, combinant ---> attachement aux principes et leçons tirées de l’expérience,

---> fixation du cap au niveau le plus élevé

---> prise en compte des réflexions et des suggestions extérieures à la cour en exil.

 

C’est ainsi que, pendant plus de vingt ans, le bureau du roi, installé à Paris (9 place du Palais-Bourbon) fit remonter à Frohsdorf et à Venise (la résidence d’hiver) un très grand nombre d’études – environ deux cent ont été retrouvées - émanant des milieux les plus divers et destinées à alimenter la formation des conceptions du prince.

Pour éviter la noyade sous l’accumulation des notes et des rapports en tous genres, un premier filtrage était opéré par les secrétaires du prince puis, jusqu’à sa mort, en 1863, un second par le duc de Lévis, le « premier ministre de l’exil ».

 

Dès 1856, dans une lettre à celui-ci, Henri V donnait l’orientation générale de sa doctrine :

---> une Constitution écrite et non à la merci de prétendues lois naturelles ;  

---> l’exclusion de tout arbitraire ;

---> l’honnêteté et le droit partout ;

---> le pays sincèrement représenté, votant l’impôt et concourant à la confection des lois ;

---> les dépenses publiques rigoureusement contrôlées ;

---> les libertés individuelles et religieuses garanties ;

---> l’administration communale et départementale décentralisée ;

----> le libre accès pour tous aux honneurs et aux avantages sociaux ...

 

Étant toutefois rappelé que le prince avait « choisi de ne pas choisir » :

l’accession au pouvoir ne permet pas de sélectionner certains domaines d’intervention au détriment d’autres.

Tout se tient toujours et on ne saurait, aujourd’hui pas plus qu’il y a cent cinquante ans, mener, par exemple, une politique étrangère qui ne tienne pas compte de la politique économique, non plus que celle-ci de la politique sociale et ainsi de suite.

 

Homme de son temps mais trop longtemps éloigné des affaires publiques, Le Comte de Chambord aura deux grandes lignes de force qui caractérisent à la fois la capacité d’adaptation du prince à la conjoncture et une relative modernité de pensée.

---> La première concerne le suffrage universel, la deuxième la question sociale.

 

L’élargissement du droit de vote à l’ensemble de la population faisait débat depuis 1830, précisément depuis l’instant où, en exil, Charles X en était venu à se demander s’il n’aurait pas pu sauver son trône en faisant appel au peuple des urnes.

 

Parmi les nombreuses formules proposées au prince et visant toutes à éviter que le suffrage populaire ne conduisît au despotisme de la démagogie que redoutaient déjà les philosophes grecs, il retint l’idée du marquis de Franclieu d’un suffrage « familial », ou encore « accumulé », ou encore « intégral ».

Selon ce système, on compterait autant de voix qu’il existe de personnes dans un foyer, quel que soit leur âge, y compris les nourrissons. Ainsi le nombre d’électeurs serait égal à la population totale du pays, déduction faite des personnes privées de leurs droits civiques.

Un tel mécanisme donnerait évidemment tout pouvoir au chef de famille mais à une époque où les femmes n’avaient pas encore le droit de vote. Il avantagerait les familles nombreuses, préoccupation du comte de Chambord qui souhaitait, à la fois, une reprise de la natalité française, alors déficiente, et encourager la stabilité civile.

 

Dans le même temps, le comte de Chambord se dit soucieux de ne pas limiter la représentation de la population à sa seule dimension politique et d’intégrer également une forme de représentation économique et sociale dans l’une des deux chambres, idée que reprendrait, en 1969, le général de Gaulle avec la réforme du Sénat, que les Français rejetèrent.

 

La question sociale constitue pour le prince le grand sujet de son époque.

Après l’avoir longtemps appréhendée sous l’angle traditionnel de la charité de son enfance, il évolue considérablement  à partir de 1848 et s’intéresse de très près à l’apparition des premières associations ouvrières, dont le processus culmine, le 28 septembre 1864, avec la création de l’Association internationale des travailleurs, bientôt appelée « Première internationale ».

Dès lors, est abandonnée l’ancienne conception de l’œuvre sociale en commun au profit du dialogue social contradictoire reposant sur des syndicats dotés de moyens de pression : c’est le franchissement d’une étape d’autant plus remarquable que le droit syndical ne serait reconnu en France que par la loi du 21 mars 1884.

 

Le prince commence à préparer ce qui serait un de ses manifestes les plus marquants, la Lettre sur les ouvriers, rendue publique seulement en avril 1865.

Outre ces deux aspects essentiels de la doctrine politique du prince, on peut également y relever l’importance accordée

---> aux libertés publiques, en premier lieu de conscience, qui rompt avec la vulgate légitimiste du catholicisme romain en tant que religion unique ;

---> l’accent mis sur la décentralisation, autre aspect de la liberté, celle de l’administration locale au plus près des citoyens ;

---> la politique étrangère qui, avec un grand pragmatisme, devrait veiller à préserver l’Europe plutôt qu’à favoriser, ainsi que le faisait Napoléon III,  l’union d’entités nationales comme celle de l’Allemagne. 

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Le P-F-M (le parti de la France Monarchique) dans ses idées politiques, est dans la lignée des réflexions du Comte de Chambord, sur des points majeurs.

---> Une Constitution (on peut en dire déduire que la Monarchie sera Constitutionnelle), 

---> l'autorité de la Loi, ( ce que le le P-F-M a dans sa devise: "La Nation - La Loi - Le Roi").

---> une décentralisation de l'administration , qui existe déjà par ailleurs (la mairie dans la commune, le parlement dans la région , l'intendant dans la province (région) mais que le

P-F-M centralisera le pouvoir comme la Monarchie doit être ).

---> La Politique étrangère qui doit préserver l'EUROPE (c'est assez novateur pour son époque et très actuel, donc préserver l'identité de chaque peuple & pays d'Europe, évitant le piège de l'UE par exemple).

 

Là ou je serais en désaccord mais il faut remettre en perspective les propos du Prince à son époque, c'est de vouloir se défaire de la religion d'ETAT qui est le catholicisme (en somme le prince voulait la laicité, mais à son époque la France n'était pas racialement & ethniquement mélanger provoquant la mort de la France).

---> Le P-F-M, est pour réinstaurer la religion d'ETAT & interdire toutes les autres religions en France , ceux qui créent divisions, communautarismes, voir des contre sociétés (rappelons nous des guerres de religions avec les protestants au XVIème siècle)  et une société fragile ou très facilement attaquable pour un enemie.

---- Comprenons les leçons d'aujourd'hui ----

 

Le P-F-M, est sur le bon chemin & suivant l'exemple de nos Rois, ce qui doit nous motivés encore plus pour la libération de la France

 

Pour Dieu & le futur Roi

Vive le P-F-M & Vive la France

 

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