"La Nation dépend de la Race" -- Testament Politique du Cardinal de Richelieu

February 20, 2019

Armand-Jean du Plessis, "Cardinal de Richelieu" est né en 1585 et mort en 1642.

--> Il est nommé Ministre des Affaires étrangères en 1616, et principal ministre du Roi Louis XIII en 1624. Il le reste jusqu’à sa mort.

--> Il fut aussi un homme de foi passionné, évêque de Luçon et l’un des premiers à appliquer les directives du concile de Trente (1545-1563) dans son diocèse.

Son Testament politique résonne de bien des manières dans la France actuelle, nous apprenant beaucoup de choses (ou permettant de réaffirmer certaines aux yeux de certains nationalistes bornés ou anti-Monarchie, car celles de nos jours sont totalement vendus au système judéo-maçonnique).

 

** Testament Politique & quelles leçons en retirer pour faire comprendre que la Monarchie n'a rien d'une babylone Raciale & ethnique ou un handicap au Nationalisme de la reconquête **

 

le Testament politique révèle un ministre soucieux du concours de chacun au bien commun selon un effort proportionnel à son rang. Richelieu énonce au Roi ses devoirs et lui prodigue des conseils dans le gouvernement des ordres de son Royaume.

Le Cardinal lui rappelle que, devant le tribunal céleste, on est d’abord jugé à l’aune du zèle qu’on a manifesté à accomplir sa charge publique avec justice. Assurément, le droit divin constitue la clé de voûte de la société :

«Le règne de Dieu est le principe du gouvernement des États ; et en effet c’est une chose si absolument nécessaire, que sans ce fondement il n’y a point de Prince qui puisse bien régner, ni d’État qui puisse être heureux».

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Le texte suivant est paru en 1985 dans le numéro III de la revue Mémoire de l’Institut des Sciences Historique.-- Consignes pour une société heureuse --

 

** Rex christianissimus ** 

=> "Dieu étant le Principe de toutes choses, le souverain Maître des Rois, et celui seul qui les fait régner heureusement, si la dévotion de V.M. [Votre Majesté, le Roi Louis XIII]n’était connue de tout le monde, je commencerais ce chapitre qui concerne sa personne, en lui représentant, que si elle ne suit les volontés de son Créateur, et ne se soumet à ses lois, elle ne doit point espérer de faire observer les siennes, et de voir ses sujets obéissants à ses ordres".

 

** Règne de Dieu par le prince **

"Le règne de Dieu est le principe du gouvernement des États; et en effet c’est une chose si absolument nécessaire, que sans ce fondement il n’y a point de Prince qui puisse bien régner, ni d’État qui puisse être heureux. (…) c’est une chose si connue de chacun par sa propre raison, qu’il ne tire pas son être de lui-même, mais qu’il a un Dieu pour Créateur, et par conséquent pour Directeur, qu’il n’y a personne qui ne sente que la nature a imprimé cette vérité dans son cœur avec des caractères qui ne peuvent s’effacer.

-->Tant de Princes se sont perdus, eux et leurs États, pour fonder leur conduite sur un jugement contraire à leur propre connaissance; et tant d’autres ont été comblés de bénédictions, pour avoir soumis leur autorité à celle dont elle dérivait, pour n’avoir cherché leur grandeur qu’en celle de leur Créateur; et pour avoir un peu plus de soin de son règne que du leur propre, que je ne m’étendrai pas davantage sur une vérité trop évidente pour avoir besoin de preuve."

 

** La Couronne et la Tiare ** 

"L’ordre que Dieu veut être observé en toutes choses, me donne lieu de représenter à Votre Majesté, qu’ainsi que les Princes sont obligés à reconnaître l’autorité de l’Église, à se soumettre à ses saints Décrets, et y rendre une entière obéissance en ce qui concerne la puissance spirituelle que Dieu lui a mise en main pour le salut des hommes, et qu’ainsi qu’il est de leur devoir de maintenir l’honneur des Papes comme successeurs de Saint Pierre, et Vicaires de Jésus-Christ, aussi ne doivent-ils pas céder à leurs entreprises, s’ils viennent à étendre leur puissance au-delà de ses limites.

--> Si les Rois sont obligés de respecter la Tiare des Souverains Pontifes, ils le sont aussi de conserver la puissance de leur Couronne.

-->Cette vérité est reconnue de tous les théologiens ; mais il n’y a pas peu de difficulté de bien distinguer l’étendue et la subordination de ces deux Puissances.

--> En telle matière il ne faut croire, ni les gens du Palais, qui mesurent d’ordinaire celle du Roi par la forme de sa Couronne, qui étant ronde, n’a point de fin ; ni ceux qui par l’excès d’un zèle indiscret se rendent ouvertement partisans de Rome."

 
** Vouloir le raisonnable **

La lumière naturelle fait connaître à un chacun, que l’homme ayant été fait raisonnable, il ne doit rien faire que par raison, puisqu’autrement il ferait contre sa nature, et par conséquent contre celui même qui en est l’Auteur (…)

(…) il s’ensuit clairement, que si l’homme est souverainement raisonnable, il doit souverainement faire régner la raison, ce qui ne requiert pas seulement qu’il ne fasse rien sans elle, mais l’oblige de plus à faire, que tous ceux qui sont sous son autorité la révèlent et la suivent religieusement.

 

** De la guerre juste **

"Au jugement des mieux sensés, la guerre est quelquefois un mal inévitable ; et en d’autres rencontres il est absolument nécessaire, et tel qu’on en put tirer du bien (…)

Je soutiens, et c’est chose véritable, qu’il n’y en peut avoir d’heureuse, qui ne soit juste ; parce que si elle ne l’était pas, quand l’événement en serait bon selon le monde, il en faudrait rendre compte au Tribunal de Dieu."

 

** Le Prince en son conseil ** 

"Ce n’est pas une petite question entre les Politiques, de savoir si un Prince qui se gouverne en son État par sa tête, est plus à désirer que celui qui ne se fiant pas tant à ses lumières, défère beaucoup à son Conseil, et ne fait rien sans son avis.

--> On ferait des volumes entiers des raisons qui se peuvent mettre en avant de part et d’autre : mais réservant cette question au fait particulier qui m’oblige à le rapporter en ce lieu, après avoir préféré le Prince qui agit plus par son Conseil que par le sien propre, à celui qui préfère sa tête à toutes celles des conseillers, je ne puis que je ne dise, qu’ainsi que le plus mauvais gouvernement est celui qui n’a autre ressort que la tête d’un Prince, qui étant incapable, est si présomptueux, qu’il ne fait état d’aucun Conseil: 

=> le meilleur de tous est celui dont le principal mouvement est en l’esprit du Souverain, qui bien que capable d’agir par soi-même, a tant de modestie et de jugement, qu’il ne fait rien sans bon avis, fondé sur ce principe, qu’un œil ne voit pas si clair que plusieurs (…)

--> Un Prince capable est un grand trésor en un État. Un Conseil habile et tel qu’il doit être n’en est pas un moindre ; mais le concert de tous les deux ensemble est inestimable, puisque c’est de là que dépend la félicité des États."

 

** Le conseiller du Prince **

"La capacité des Conseillers ne requiert pas une suffisance pédantesque ; il n’y a rien de plus dangereux pour l’État, que ceux qui veulent gouverner les Royaumes par les maximes qu’ils tirent de leurs livres : ils les ruinent souvent tout à fait, par ce moyen, parce que le passé ne se rapporte pas au présent, et que la constitution des temps, des lieux et des personnes est différente. Elle requiert seulement 
 --> bonté et fermeté d’esprit, 
 --> solidité de jugement, vraie source de la prudence, 
 --> teinture raisonnable des Lettres, connaissance générale de l’Histoire et de la Constitution présente de tous les États du monde, et particulièrement de celui auquel on est
.

=> Deux choses sont principalement à considérer à ce propos 
-- La première, que les plus grands esprits sont plus dangereux qu’utiles au maniement des affaires; s’ils n’ont beaucoup plus de plomb que de vif-argent, ils ne valent rien pour l’État (…) 
-- La seconde remarque: La présomption est un des grands vices qu’un homme puisse avoir dans les charges publiques (…) 
Le plus habile homme du monde doit souvent écouter les avis de ceux, qu’il pense même être moins habiles que lui."

 

** La noblesse **

"Il faut considérer la Noblesse, comme un des principaux nerfs de l’État, capable de contribuer beaucoup à sa conservation et à son établissement.

Elle a été depuis quelque temps si rabaissée par le grand nombre des Officiers que le malheur du siècle a élevés à son préjudice, qu’elle a grand besoin d’être soutenue contre les entreprises de telles gens.

--> L’opulence et l’orgueil des uns accablent la nécessité des autres, qui ne sont riches qu’en courage, qui les porte à employer librement leur vie pour l’État, dont les Officiers tirent la subsistance.

--> Comme il les faut soutenir contre ceux qui les oppriment, il faut avoir un soin particulier d’empêcher qu’ils ne traitent ceux qui sont au-dessous d’eux, comme ils sont traités des autres.

C’est un défaut assez ordinaire à ceux qui sont nés dans cet Ordre, d’user de violence contre le peuple, à qui Dieu semble avoir plutôt donné des bras pour gagner sa vie, que pour la défendre... Il est très important d’arrêter le cours de tels désordres par une sévérité continue (…)

--> Ceux qui étant préjudiciables au public, ne lui sont pas utiles, il est certain que la Noblesse qui ne lui sert point à la guerre, n’est pas seulement inutile, mais à charge à l’État, qui peut en ce cas être comparé au corps qui supporte le bras paralytique comme un faix qui le charge, au lieu de le soulager.

--> Comme les Gentilshommes méritent d’être bien traités lorsqu’ils sont bien, il faut leur être sévère s’ils manquent à ce à quoi leur naissance les oblige; et je ne fais aucune difficulté de dire, que ceux qui dégénérant de la vertu de leurs aïeuls, manquent de servir la Couronne de leurs épées et de leur vies avec la constance et la fermeté que les Lois de l‘État requièrent, mériteront d’être privés des avantages de leur naissance, et réduits à porter une partie du faix du peuple.

--> L’honneur leur devant être plus cher que la vie, il vaudrait beaucoup mieux les châtier par la privation de l’un que de l’autre...Ôter la vie à des personnes qui l’exposent tous les jours pour une pure imagination d’honneur est beaucoup moins que leur ôter l’honneur, et leur laisser la vie, qui leur est en cet état un supplice perpétuel.

--> S’il ne faut rien oublier pour maintenir la Noblesse en la vraie vertu de ses pères, on ne doit aussi rien omettre pour la conserver en la possession des biens qu’ils lui ont laissés, et procurer qu’elle en puisse acquérir de nouveaux."

 

** La vénalité et l’hérédité des offices ** 

"Au jugement de la plus grande partie du monde, le plus souverain (« remède » aux « dérèglements de la Justice ») consiste à supprimer la vénalité, à éteindre l’hérédité des Offices, et à les donner gratuitement à des personnes d’une capacité et d’une probité si connue, que leur mérite ne puisse être contesté par l’envie même (… )

Cependant bien qu’il soit presque toujours dangereux d’être singulier dans son avis, je ne puis que je ne dise hardiment, qu’en l’état présent des affaires, et en celui qu’on peut prévoir pour l’avenir, il vaut mieux selon ma pensée, continuer la vénalité et l’hérédité des Offices, qu’en changer tout à fait l’établissement (…)

Aussi, bien que la suppression de la vénalité et de l’hérédité des Offices soit conforme à la raison, et à toutes les Constitutions du Droit ; si est-ce néanmoins que les abus inévitables, qui se commettraient en la distribution des charges dépendantes de la simple volonté des Rois, dépendraient par conséquent de la faveur et de l’artifice de ceux qui se trouveraient plus puissants auprès d’eux, rendant la façon par laquelle on y pourvoit maintenant, plus tolérable que celle dont on s’est servi par le passé, à cause des grands inconvénients qui l’ont toujours accompagnée (…)

Il faut en ce cas succomber à la faiblesse, et se contenter plutôt d’une règle modérée, que d’en établir une plus austère, et qui serait peut-être convenable, sa rigueur étant capable de causer quelque ébranlement à ce qu’on veut affermir (…)

Au lieu que la suppression de la vénalité et de l’hérédité des Offices devrait ouvrir la porte à la vertu, elle l’ouvrirait aux brigues et aux factions, et remplirait les charges d’Officiers de basse extraction, souvent plus chargés de Latin que de biens, dont il arriverait beaucoup d’inconvénients (…)

Une basse naissance produit rarement les parties nécessaires au Magistrat ; et il est certain que la vertu d’une personne de bon lieu a quelque chose de plus noble que celle qui se trouve en un homme de petite extraction. Les esprits de telles gens sont d’ordinaire difficiles à manier, et beaucoup ont une austérité si épineuse, qu’elle n’est pas seulement fâcheuse, mais préjudiciable."

 

** Le peuple en son état **

"Tous les Politiques sont d’accord, que si les peuples étaient trop à leur aise, il serait impossible de les contenir dans les règles de leur devoir.

Leur fondement est, qu’ayant moins de connaissance que les autres ordres de l’État beaucoup plus cultivés ou plus instruits, s’ils n’étaient retenus par quelque nécessité, difficilement demeureraient-ils dans les règles qui leur sont prescrites par la raison et par les Lois.

--> La raison ne permet pas de les exempter de toutes charges, parce qu’en perdant en tel cas la marque de leur sujétion, ils perdraient aussi la mémoire de leur condition ; et que s’ils étaient libres de tribut, ils penseraient l’être de l’obéissance.

Il les faut comparer aux mulets, qui étant accoutumés à la charge, se gâtent par un long repos plus que par le travail : mais ainsi que ce travail doit être modéré, et qu’il faut que la charge de ces animaux soit proportionnée à leur force ; il en est de même des subsides à l’égard des peuples, s’ils n’étaient modérés, lors même qu’ils seraient utiles au public, ils ne laisseraient pas d’être injustes (…)

--> Il y a un certain point qui ne peut être outrepassé sans injustice ; le sens commun apprenant à un chacun qu’il doit y avoir proportion entre le fardeau, et les forces de ceux qui le supportent."

 

** Abréger les devoirs du Prince ** 

"En un mot, si les Princes ne font tout ce qu’ils peuvent pour régler les divers Ordres de leur État : 
--> S’ils sont négligents au choix d’un bon conseil, s’ils en méprisent les avis salutaires. 
--> S’ils n’ont un soin particulier de se rendre tels, que leur exemple soit une voix parlante. 
--> S’ils sont paresseux a établir le règne de Dieu, celui de la raison, et celui de la justice tout ensemble. 

--> S’ils manquent à protéger les innocents, à récompenser les signalés services qui sont rendus au Public, et à châtier les désobéissances et les crimes qui troublent l’ordre de la discipline, et la sûreté des États. 
--> S’ils ne s’appliquent pas autant qu’ils doivent à prévoir et à prévenir les maux qui peuvent arriver, et à détourner par de soigneuses négociations les orages, que des nuées amènent aisément souvent de plus loin qu’on ne pense. 
--> Si la faveur les empêche de bien choisir ceux qu’ils honorent des grandes charges, et des principaux emplois du royaume. 
--> S’ils ne tiennent puissamment la main à établir l’État en la puissance qu’il doit être. 

--> Si en toutes occasions ils ne préfèrent les intérêts publics aux particuliers ; quoiqu’ils soient bien vivants d’ailleurs, ils se trouveront beaucoup plus coupables que ceux qui transgressent actuellement les Commandements et les Lois de Dieu ; étant certain, qu’omettre ce à quoi on est obligé, et commettre ce qu’on ne doit pas faire, est une même chose.

Je dois encore représenter à votre Majesté (le Roi). 

--> Si les Princes, et ceux qui sont employés sous eux, aux premières dignités du Royaume, ont de grands avantages sur les particuliers, ils possèdent un tel bénéfice à titre bien onéreux, puisque, non seulement ils sont sujets par omission aux fautes que j’ai marquées, mais qu’il y en a même encore plusieurs autres de commission, qui leur sont particulières.

--> S’ils se servent de leur puissance pour commettre quelque injustice ou quelque violence, qu’ils ne peuvent faire comme personnes privées, ils font par commission un péché de Prince et de Magistrat, dont leur seule autoritéest la source, et duquel le Roi des Rois leur demandera au jour du Jugement un compte très particulier.

 

---- Beaucoup se sauveraient comme personnes privées, qui se damnent en effet comme personnes publiques". ---

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Recension de l’ouvrage «Testament politique» de Richelieu (1688), réédité par les Éditions Perrin, 2011

** Richelieu et les réformes ** 

Étudions par exemple la façon dont il aborde la réforme de la vénalité des offices. Les offices sont des charges administratives, qui pouvaient être achetées, et ensuite transmises en héritage. Un peu comme si aujourd’hui une secrétaire de mairie, un préfet ou un fonctionnaire quelconque achetait son travail et le transmettait ensuite à ses enfants. Cela existe encore, dans une certaine mesure, avec les licences de taxi ou celles des notaires. Le cardinal est conscient que ce système n’est pas bon et qu’il doit être réformé. C’est François 1er qui a mis en place la vénalité des offices, à un moment où l’État manquait d’argent — déjà. Cette vente des offices avait alors permis de renflouer quelque peu les caisses du royaume.

Mais ce système est tellement ancré dans les habitudes que, même s’il est mauvais, il devient difficile à supprimer. La disparition de ce désordre risquerait de causer un désordre encore plus grand.

 

=> "Les désordres qui ont été établis par des nécessités publiques et qui se sont fortifiés par des raisons d’État ne se peuvent réformer qu’avec le temps ; il en faut ramener doucement les esprits et ne point passer d’une extrémité à l’autre. Un architecte qui, par l’excellence de son art, corrige les défauts d’un ancien bâtiment et qui, sans l’abattre, le réduit à quelque symétrie supportable, mérite bien plus de louange que celui qui le ruine tout à fait pour refaire un nouvel édifice parfait et accompli." (p. 143)

 

Voici donnée une propédeutique des réformes : ne pas changer le système brutalement, mais par à coup, avec une ferme volonté, mais aussi la conscience de la difficulté qu’il y a à refaire un bâtiment ancien. Ce que le ministre exprime dans une phrase lapidaire:

=> «Le désordre fait, non sans utilité, partie de l’ordre de l’État.» (p. 141).

Et plus loin :

=> "Il est quelquefois de la prudence d’affaiblir les remèdes pour qu’ils fassent plus d’effet, et les ordres les plus conformes à la raison ne sont pas toujours les meilleurs parce qu’ils ne sont pas proportionnés à la portée de ceux qui les doivent pratiquer." (p. 143)

Ces sentences illustrent aussi le fait que l’absolutisme n’est en rien une dictature, puisque le roi ne peut pas faire tout ce qu’il aimerait faire pour son royaume, des contres pouvoirs et des blocages puissants empêchent l’action royale.

 

** La raison comme arme de gouvernement **

Richelieu est, par ailleurs, tout à fait opposé à l’immixtion des passions dans la vie politique. La raison seule doit conduire l’action gouvernementale, celle qui fait rechercher le bien commun avant tout, et qui se méfie des émotions populaires.

 

=> "La lumière naturelle fait connaître à un chacun que, l’homme ayant été fait raisonnable, il ne doit rien faire que par raison, puisqu’autrement il ferait contre sa nature, et, par conséquent, contre celui même qui en est l’auteur. Elles enseignent encore que, plus un homme est grand et élevé, plus il doit faire état de ce privilège et que moins il doit abuser du raisonnement qui constitue son être, parce que l’avantage qu’il a sur les autres hommes contraint à conserver ce qui est de la nature et ce qui est de la fin que celui dont il tire son élévation s’est proposé. De ces deux principes il s’ensuit clairement que l’homme doit souverainement faire régner la raison, ce qui ne requiert pas seulement qu’il ne fasse rien sans elle, mais elle l’oblige, de plus, à faire que tous ceux qui sont sous son autorité la révèrent et la suivent religieusement." (p. 216)

 

Suit alors une étude sur la façon dont un roi doit se faire aimer de ses sujets, l’amour étant la source de l’autorité, une autorité bien plus solide que la coercition.

=> "L’amour est le plus puissant motif qui oblige à obéir et qu’il est impossible que des sujets n’aiment pas un prince s’ils connaissent que la raison soit le guide de toutes ses actions. L’autorité contraint à l’obéissance, mais la raison y persuade et il est bien plus à propos de conduire les hommes par des moyens qui gagnent si insensiblement leurs volontés que par ceux qui, les plus souvent, ne les font agir qu’autant qu’ils les forcent.

S’il est vrai que la raison doit être le flambeau qui éclaire les princes en leur conduite et en celle de leur État, il est encore vrai que, n’y ayant rien au monde qui compatisse moins avec elle que la passion, qui aveugle tellement qu’elle fait quelquefois prendre l’ombre pour le corps, un prince doit surtout éviter d’agir par un tel principe qui le rendrait d’autant plus odieux qu’il est directement contraire à celui qui distingue l’homme d’avec les animaux. On se repent souvent à loisir de ce que la passion fait faire avec précipitations et on n’a jamais lieu de faire de même des choses à quoi l’on est porté par des considérations raisonnables." (p. 216-217)

 

=> "Le gouvernement du Royaume requiert une vertu mâle et une fermeté inébranlable, contraire à la mollesse qui expose ceux en qui elle se trouve aux entreprises de leurs ennemis. Il faut en toutes choses agir avec vigueur, vu principalement que, quand même le succès de ce qu’on entreprend ne serait pas bon, au moins aura-t-on cet avantage que, n’ayant rien omis de ce qui pouvait le faire réussir, on évitera la honte, lorsqu’on ne peut éviter le mal d’un mauvais événement." (p. 218)

 

** Fermeté à l’égard des criminels ** 

Ces leçons issues de l’expérience du pouvoir sont encore pleinement d’actualité pour les princes qui nous gouvernent. Cette « vertu mâle » et cette « fermeté inébranlable » s’expriment notamment dans la manière de juger les criminels de l’État. Face à ces crimes qui menacent la structure du pays et la solidité des institutions, le cardinal prône la plus grande fermeté :

=> "En matière de crime d’État, il faut fermer la porte à la pitié, mépriser les plaintes des personnes intéressées et les discours d’une populace ignorante qui blâme quelquefois ce qui lui est le plus utile et souvent tout à fait nécessaire. Les chrétiens doivent perdre la mémoire des offenses qu’ils reçoivent en leur particulier, mais les magistrats sont obligés de n’oublier pas celles qui intéressent le public. Et, en effet, les laisser impunies c’est bien plutôt les commettre de nouveau que les pardonner et les remettre." (p. 229)

 

** Richelieu et les finances ** 

La politique de Richelieu concernant l’usage des finances publiques peut aussi trouver des résonances avec la situation actuelle.

=> "Les dépenses absolument nécessaires pour la subsistance de l’État étant assurées, le moins qu’on peut lever sur le peuple est le meilleur. Pour n’être pas contraint à faire de grandes levées, il faut peu dépenser et il n’y a pas de meilleurs moyens pour faire des dépenses modérées que de bannir toutes les profusions et condamner tous les moyens qui sont à cette fin.... La France serait trop riche et le peuple trop abondant si elle ne souffrait pas la dissipation des deniers publics que les autres États dépensent avec règle." (p. 302)

 

Quant aux taxes et tarifs douaniers, il avait bien compris que cela nuisait in fine à la population 

=> "L’augmentation du revenu du Roi ne se peut faire que par celle de l’impôt qu’on met sur toutes sortes de denrées, et, partant, il est clair que, si on accroît par ce moyen la recette, on accroît aussi la dépense, puisqu’il faut acheter plus cher ce qu’on avait auparavant à meilleur marché. (…) Il y a plus : l’augmentation des impôts est capable de réduire un grand nombre de sujets du Roi à la fainéantise, étant certain que la plus grande partie du pauvre peuple et des artisans employés aux manufactures aimeront mieux demeurer oisifs et les bras croisés que de consommer toute leur vie en un travail ingrat et inutile, si la grandeur des [impôts] les empêche de recevoir [le salaire] de la sueur de leur corps." (p. 305-306).

 

Le cardinal ministre semble avoir compris ce que les partisans des hausses d’impôt se refusent à voir. Affaiblir le peuple est un des grands maux de l’homme politique, car il doit veiller à la prospérité et au bonheur de sa population. S’ils détournent leur pouvoir pour commettre l’injustice alors, la justice s’abat sur eux un jour.

=> "S’ils se servent de leur puissance pour commettre quelque injustice ou quelque violence qu’ils ne peuvent faire comme personnes privées, ils font par commission un péché de prince ou de magistrat dont leur seule autorité est la source et duquel le Roi des Rois leur demandera, au jour du jugement, un compte très particulier." (p. 325)

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*** Centralisation politique française ***

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Texte, ci-dessous, issus du Blog de Florian Rouanet 

 

--> «Je n’ai eu d’autres ennemis que ceux de l’État»

--> «Le crime suprême, pour un homme d’État, c’est de ne pas agir, de laisser le destin s’accomplir sans chercher à le dominer.» 

 L’unité et la sécurité de l’État sont les thèmes  incontournables de sa pensée et de sa réalisation politique. Pour lui, être garant de l’unité du royaume, tout comme pour gagner son Ciel, est un combat de tous les instants. Notre cardinal admire d’ailleurs pour cela son contemporain saint Vincent de Paul pour son exemple de piété plus active que contemplative. Il mène alors son action de délivrance admirablement sans être tinté ni d’une pure praxis volontariste ni d’un constructivisme pré-marxisant, ou à l’inverse, d’un travers cléricaliste.

=> Du monarque qui est représentant de Dieu sur terre et régent dans son ordre temporel, le principal ministre le sait : si celui-ci incarne l’unité de l’État, il a cependant la faiblesse de ne pas être infaillible pour l’ordre temporel comme le pape l’est dans le domaine de la foi.

=> Dans une société aboutie la représentativité de l’État n’est jamais sans la «nation», dont le terme est déjà usité sous la Monarchie, présent dans la bouche des Mgr Bossuet et Louis XIV par exemple.

La nation est un organe qui encadre un peuple défini, habitant sur un même territoire de même tradition. L’État rattache à un destin unifié des provinces diverses à un tout national en tant que partie supérieure, à l’image d’un petit empire. Cet organe naturel qu’est la nation, également assemblage de familles au sens élargi par la loi du sang, nécessite l’État afin de mettre la Cité en mouvement lui permettant de se développer sur une base civilisationnelle sur ses intérêts collectifs.

 

=> La « centralisation » politique, qui était en germe dans les royaumes anciens commence à se voir réaliser avec la dynastie capétienne en France, s’est faite dans une hiérarchie verticale de haut en bas et se retrouve d’autant plus affirmée sous Louis XIII :

--- le pouvoir est délégué aux vassaux par le gouvernement, de sorte que l’État étant fort, il se permet de décentraliser qu’une fois après avoir unifié le reste. Les vassaux du roi qui sont encore conservés à cette époque tiennent directement leur pouvoir du roi selon le principe de subsidiarité thomiste, ici actualisé. 

Dans le contexte, il est d’ailleurs légitime que Richelieu ait supprimé les féodaux qui ne remplissaient plus leur rôle, n’assumant plus leur responsabilité en souhaitant plutôt l’emprunter au service exclusif du Roi. C’est le début de la fin du système féodale qui délaissait quasiment une province à elle-même.

=> Ainsi, la centralisation étatique républicaine des jacobins n’est pas venue de nulle part, ce n’est qu’un aboutissement qui empreinte hélas cette notion à un travers de la fin de monarchie française qui s’était faite gallicane. Idem pour Napoléon Bonaparte qui viendra accomplir un peu plus cette centralisation. Que le jacobinisme soit un principe corrupteur pour la France, ou que des acteurs maçonniques y participent ne prouve rien quant à la mauvaiseté de la centralisation, qui n’est pas mauvaise en soi, au contraire puisqu’elle se trouve être un principe organisateur.

-- Là où l’étatisme républicain pèche, c’est dans son pur centralisme non respectueux des échelons inférieurs et des frontières géographiques provinciales.

-- La République, IIIe du nom, fera d’ailleurs face à tous les particularismes locaux au nom de la francophonie, alors que pour être véritablement homme et être véritablement Français, il faut savoir s’enraciner dans un terroir particulier et concret.

Richelieu provoque donc dans son principe d’organisation les germes d’une centralisation monarchique, et devient ainsi le précurseur de cet absolutisme royal dont Louis XIV et le cardinal Mazarin seront les réalisateurs et les promoteurs acharnés. Richelieu la prépare et Mazarin l’accouche.

 

** Dissensions religieuses et par conséquent sociales ** 

--> « Que c’était chose certaine que tant que le parti des huguenots subsisterait en France, le Roi ne serait absolu dans son Royaume.» [Mémoires du cardinal de Richelieu].

 --> « Si on avait empoisonné Luther et Calvin lorsqu’ils commencèrent à paraître, on aurait épargné de grands maux à la Religion et beaucoup de sang à l’Europe. » [Lettre à la duchesse d’Aiguillon].

=> Le protestantisme est une intrusion sur notre sol qui vient détruire la notion d’unité chrétienne médiévale ainsi que l’unité confessionnelle des royaumes d’un même coup. Il n’y a ni méprise ni ambiguïté chez notre homme à ce sujet. La moitié de sa famille était protestante, du coup il connaissait bien ceux auxquels il avait à faire. Pourtant, la compagnie du Saint-Sacrement ne l’entendait pas de cette manière.

Une compagnie appelée également le Parti des dévots, a été créé selon l’initiative romaine du Concile d’époque afin de surveiller le cas protestant, ainsi que le bien de la chrétienté auquel sont tenus les États d’Europe.

Un Parti catholique dont Richelieu fut proche à ses débuts, et entrée en conflit avec lui pour raison de désaccord sur la question protestante. Si les deux camps partagent un bon nombre d’idées, le Roi vise d’abord l’unité chrétienne alors que le Premier Ministre vise d’abord l’unité du royaume.

 

Voici quelques éléments toutefois qui montrent que Richelieu n’était pas du tout favorable au protestantisme :

– Le Siège de La Rochelle, dont le portrait significatif d’Henri-Paul Motte affiche le cardinal en armure sur la place militaire, symbolise la victoire écrasante du royaume de France alors qu’il disposait d’une minorité de soldats par rapport aux protestants rochelais et au royaume d’Angleterre. Événement qui donne suite à la capitulation de la cité protestante.

Il est celui qui a poussé Louis XIII à prononcer une succession de vœux, qui consacre la France à la Sainte Vierge, finalisée le 10 février 1638 ; le protestantisme, quel que soit ses variantes, refusant le culte de la Vierge et des Saints.

Il collectionnait toute la littérature protestante, c’est dire s’il connaissait bien son ennemi. Il a même publié un Traité contre eux en 1650, appelant le retour des mauvaises ouailles dans le giron de l’Église.

 

Dans ce conflit confessionnel, l’éminent cardinal et ministre est évidemment du côté de la «contre-réforme» catholique face aux réformistes protestants qui, étant «libre-examentistes» sont imprégnés de subjectivisme et aident à faire éclore la libre pensée maçonnique un siècle plus tard avec le principe de laïcité. Plus personne n’osera affirmer la Vérité qui est reléguée à l’ordre de la simple opinion subjective de chacun.

 

** Situation extérieure et aire de civilisation européenne ** 

=> Dans ce contexte géopolitique, il faut retenir que l’Espagne, pays aujourd’hui économiquement et diplomatiquement plus secondaire, était le pays le plus puissant d’Europe qui avait su se donner un immense empire s’étendant au-delà de l’Atlantique. D’un côté, le monde hispanique avait des prétentions vis-à-vis de la France aux frontières, tandis que de l’autre, la maison d’Autriche souhaitait rattacher le «royaume du Lys» à son empire continental. Le Saint-Empire romain germanique est ce qui reprend l’idée impériale de la Rome antique, voulant incarner en intention l’Europe carolingienne médiévale, mais qui se composait uniquement de provinces multiples regroupées sous un destin européen commun. Résultant d’une opposition entre deux empires, notre patrie, manifestant une volonté d’exister dans un destin unique et de manière plus solitaire, a voulu une troisième voie faisant ainsi naître prématurément l’ère des nations constituées.

=> Dans le cadre de la politique française extérieure de Richelieu cependant, là où le parti des dévots avait raison, c’est que par intention de déstabiliser les royaumes ennemis, il a été convenu de s’allier avec les princes protestants «prussiens» afin de déstabiliser volontairement leur unité confessionnelle et sociale. Si cela paraît être au premier abord une habile politique d’indépendance nationale, le problème majeure est que cela a contribué à détruire le catholicisme en pays germaniques. 

-- C’est ainsi que le bien universel et chrétien est mis à mal au nom d’un bien national particulier. Il est à comprendre que si le bien national est d’importance, ce bien n’est pas indépassable puisque le cadre du bien universel est plus commun aux hommes, et se retrouve donc éminemment supérieur.

Ce qui signifie que l’ordre terrestre est fait d’une pluralité de peuples qui concourent tous à une expression humaine différente dans un tout organique universel et hiérarchisé. C’est le principe de totalité.

=> Enfin, l’alliance avec les mahométans lancée par François 1er, toujours effective sous Louis XIII quoi que moindrement, était légitiment vue par le reste de l’Europe entière comme une alliance contre nature qui remettait en cause l’unité chrétienne jamais trahie durant la période médiévale.

Par le passé, cette alliance impie a fait que la France, tant attendue par le continent et le pape, a été totalement absente à Lépante, bataille primordiale pour l’unité chrétienne européenne face à l’invasion ottomane…

 

Pour conclure ce post, nous constatons, que la Monarchie n'a strictement rien d'une babylone raciale & ethnique, comme la République nous l'impose depuis la Chute du 2nd Empire.

--> Beaucoup de Nationalistes se trompent ou simplement sont des agents de la Nouvelle Droite, afin de pousser à un "empire blanc" fantasmé & utopique, pour rejeter la Monarchie Catholique (à cause de l'infiltration de la Franc-maçonnerie & des dégâts des idéologies républicaines sur les personnes)... C'est tomber dans le piège ....

--> La France, c'est construite par la Monarchie qui est un enemie redouté des judéo-maçons ... il serait plus que temps, que les Nationalistes arrètent leurs délires & reprennent les couleurs Royales de la Vraie France, afin d'être unis dans le combat de libération de la France: Seul la Monarchie unit ... d'ou leur échec depuis des décénies.

--> Etre Nationaliste demande de respecter & de connaître notre Pays & Peuple sur le bout des doigts ... Pas de fanfaronner avec des idéologies servant la division & nos enemies.

 

Pour Dieu & le Futur Roi

Vive la France & Vive le P-F-M [Parti de la France Monarchique]

 

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