Quand Les Rois de France, désobéissent à l'Eglise Catholique (Excommunication)

February 25, 2019

 Contrairement à l'idée reçue ou pouvant penser certains Nationalistes, les Rois de France, n'ont jamais suivis aveuglement les Ordres de l'Eglise Catholique, non pas que nos Rois renièrent la Foi Catholique & la sainte Eglise, mais parfois l'Eglise représenta un danger pour le Royaume de France. Nos Rois ont donc agit, pour garder l'indépendance & la souveraineté de la France ... Qui de nos jours, doit faire réfléchir, les pseudos catholiques ou "nationalistes", qui crachant sur la Sainte Eglise, devront comprendre, qu'au sein de l'Eglise, il y a toujours eu des comploteurs & des pourris menaçant la France ou les intérêts Européens, voir même menaçant, la Sainte Eglise par des schismes (protestants, le schisme Avignon & Rome, etc...).

 

=> La France est, la fille aînée de l’Église, mais nos Rois de France ne furent pas toujours des fils obéissants. Entre le Xe et le XVIIe siècles, alors que régnaient les Capétiens, seize d’entre eux ont ainsi subi les foudres de l'Eglise Catholique: l’interdit, ou pire l’excommunication.

 Tous !!  – même Saint Louis –

S'opposant à Rome, pour rejeter par exemple le Concile de Trente (XVIe siècle) ou allant jusqu’à récuser l’infaillibilité du pape ou même refusé de participer aux croisades.

 

C’est de cette volonté manifeste des Rois de France d’imposer leur propre souveraineté, de leurs refus radical d’être soumis à tous les pouvoirs étrangers (même aux puissances internationales de ces époques que furent le Saint-Siège ou l’Empire), qu’est née l’identité singulière du pouvoir politique dans le royaume de France.

*** le Distinction entre le Spirituel & le Temporel ***

 

=> Depuis, le baptème de Clovis, la France est la fille aînée de l'Eglise Catholique, la distinction est très clair entre les deux pouvoirs: Spirituel & Temporel

=> Au début du XIVème siècle, le légiste Pierre Flote reconnaîtra que dans le Royaume de France, il y a de deux pouvoir:

 *** Dieu (pouvoir spirituel) & le Roi (pouvoir Temporel) ***

=> Les Légistes du Roi Saint Louis diront:  "Le Roi de France est Empereur en son Royaume, car il ne reconnaît pas de supérieur en matière Temporelle".

--------------------------------------------------------------------------------------------------------------------

=> La France Catholique & Monarchique, n'a jamais reconnu une vassalité Temporelle du Saint-Siège Romain: du début & à la fin des règnes (987-1848), les Rois de France,ont refusé toute allégeance à une puissance étrangères.

-- La Monarchie en France, fût une construction d'un Etat de Droit --

--> la Loi contraint la société, elle contraint de même le pouvoir Royal

--> l'autorité du Prince,la légitimité du Roi à être indépendant des autres pouvoirs, de tous les autres pouvoirs temporels mais en le gardant, sous l'autorité Chrétien

--------------------------------------------------------------------------------------------------------------------

Le Roi de France est de Droit Divin, Fils aîné de l'Eglise & roi Très-Chrétien du royaume, affirmant de facto l'indépendance vis-à-vis, de l'autorité Pontifical de Rome.

=> Plongeons nous, dans l'Histoire afin, de prendre conseil pour affronter les évènements d'aujourd'hui --- Niccolo Machiavelli - Le Prince --- 

"Pour prévoir l'avenir, il faut connaître le passé, car les évènements de ce monde ont en tout temps des liens aux temps qui les ont précédés."

A travers ce livre: «Les Rois de France excommuniés» par François-Marin Fleutot & l'histoire regardons, comment nos Rois ont fait comprendre à l'Eglise, de ne pas se mêler des affaires du Royaume ou comment l'Eglise, a corrigé nos Rois, pour leurs erreurs.

 

*** Les Rois excommuniés ***

 

==> Le Roi Huge Capet (Huge le blanc ou le Grand) -- Excommunié pour avoir combattu & chassé le prétendant légitime Carolingien (Charles de Lorraine, fils de Louis IV d'Outremer et frère du Roi Lothaire)

-- En 960, Hugues Capet hérite du titre de duc des Francs obtenu par son père en échange de la concession de la couronne à Louis IV d'Outremer. Mais, avant de parvenir au pouvoir, il doit se libérer de la tutelle des Ottoniens et éliminer les derniers Carolingiens. C'est avec le soutien de l'Église, et en particulier de l'évêque Adalbéron de Reims et de Gerbert d'Aurillac, tous deux proches de la cour ottonienne, qu'il est enfin élu et sacré Roi des Francs en 987.

 

Jusqu'à la fin du Xème siècle, situé en terre carolingienne, Reims est le plus important des sièges archiépiscopaux de France. Il prétend à la primatie des Gaules et son titulaire a le privilège de sacrer les Rois et de diriger leur chancellerie.... De ce fait, l'archevêché rémois est traditionnellement favorable à la famille régnante et a, depuis longtemps, un rôle central dans la politique royale.

--> Mais la cité épiscopale est dirigée par Adalbéron de Reims, neveu de Adalbéron de Metz (un prélat fidèle aux Carolingiens), élu par le roi Lothaire en 969, mais qui a des liens familiaux avec les Ottoniens. L'archevêque est assisté par un des esprits les plus avancés de son temps, l'écolâtren et futur pape Gerbert d'Aurillac.

--> Adalbéron et Gerbert œuvrent pour le rétablissement d'un empire unique dominant toute l'Europe.

 

Le Roi Lothaire, âgé de 13 ans, est de fait sous tutelle de son oncle Otton Ier. Mais, en vieillissant, il s'affirme et prend de l'indépendance, ce qui contrecarre les projets impériaux de réunir toute l'Europe sous une unique couronne. Dès lors, l'évêché lâche Lothaire et soutient Hugues Capet.

--> En effet, pour que les Ottoniens puissent faire de la Francie un État vassal de l'empire, il faut impérativement que le Roi des Francs ne soit pas de race carolingienne et qu'il soit suffisamment peu puissant et effacé pour accepter cette mise sous tutelle.

--> Hugues Capet devient pour eux le candidat idéal, d'autant qu'il soutient activement la réforme monastique dans ses abbayes quand les autres prétendants continuent à distribuer des charges ecclésiales et abbatiales à leur clientèle.

Une telle conduite ne pouvait que séduire les Rémois, très proches du mouvement clunisien...Grâce à la correspondance de Gerbert, beaucoup d'informations sur ces évolutions politiques ont pu être obtenues :

«Le Roi Lothaire n'est le premier en France que par son titre. Hugues l'est, non par le titre, mais par ses faits et gestes.» — Gerbert d'Aurillac, Correspondance, v. 985

 

Les Rémois voient également d'un mauvais œil le rapprochement entre le Roi et Herbert de Vermandois, l'éternel ennemi des Carolingiens, le descendant du traître qui avait permis l'arrestation de son grand-père Charles le Simple en 923.

--> Enfin, Adalbéron et Gerbert sont tous les deux proches de la cour ottonienne et se rapprocher d'Hugues serait finalement faire renoncer la Lorraine à la Francie.

-- Otton III, a trois ans quand son père meurt: deux partis luttent alors pour assurer la régence,

--> l'un emmené par Henri II de Bavière, (dit le Querelleur) et Lothaire (954-986),

--> l'autre par les impératrices Théophano, sa mère, et Adélaïde de Bourgogne, sa grand-mère, camp adopté par Gerbert et Adalbéron qui soutiennent donc Hugues Capet contre Lothaire.

 

Appuyé par l'évêché de Reims, Hugues est désormais le nouvel homme fort du royaume. En 979, alors que Lothaire souhaite assurer sa succession en associant au trône son fils aîné, c'est le duc des Francs qui prend en charge la réunion des principes regnorum, c'est-à-dire les grands du royaume.

--> La cérémonie se déroule à Compiègne en présence du roi, d'Arnoul (un fils illégitime du roi Lothaire), d'Adalbéron de Reims sous la bénédiction d'Hugues. L'assemblée acclame Louis V, selon le rite carolingien, et l'archevêque de Reims le sacre roi des Francs.

--> L'année suivante, Lothaire, voyant grandir l'emprise d'Hugues, décide de se réconcilier avec Otton II : il accepte de renoncer définitivement à la Lorraine. Mais Hugues, ne souhaite pas que Lothaire se réconcilie avec l'empereur germanique;

-- il s'empresse donc de prendre le castrum (la forteresse) de Montreuil, puis de partir pour Rome. Sur place, il rencontre l'empereur et le pape, en compagnie de ses fidèles Bouchard de Vendôme et Arnoul d'Orléans....La tension monte entre Lothaire et Hugues.

--> Le Roi des Francs fait marier son fils Louis à Adélaïde d'Anjou qui lui apporte l'Auvergne et le comté de Toulouse, de quoi prendre en tenaille les territoires du robertien par le sud (982). C'est un échec. Le couple se sépare deux ans plus tard.

--> À la suite de la mort d'Otton II (983) et profitant du jeune âge d'Otton III, Lothaire renonce à son rapprochement avec les Ottoniens et, s'alliant au duc de Bavière, il décide de reprendre l'offensive en Lorraine en mars 985. Hugues se garde bien cette fois-ci d'être de l'expédition.

Lorsque le Roi prend Verdun et fait prisonnier Godefroy (le frère de l'archevêque de Reims), Adalbéron et Gerbert demandent l'aide du duc des Francs. Mais la course folle de Lothaire s'achève puisqu'il meurt à son tour en mars 986

 

*** La fin des Carolingiens ***

Le nouveau souverain Louis V, comme l'avaient fait Louis IV et Lothaire, déclare qu'il prendrait les conseils du duc des Francs pour sa politique. Or, il reprend les visées de son père sur la Lorraine et on pense qu'il aurait souhaité lancer une offensive contre Reims et Laon du fait de leur rapprochement avec l'Empire.

--> Le duc des Francs aurait limité les intentions exagérées du Roi carolingien. De fait, Louis convoque l'archevêque de Reims à son palais de Compiègne pour qu'il réponde de ses agissements. Mais, au cours d'une partie de chasse, le Roi trouve la mort dans une chute de cheval, le 21 mai 987, en forêt de Senlis.

 

Huge Capet, hérite du Royaume Franc , en évinçant Charles de Lorraine (dernier Carolingien & prétendant légitime au Royaume franc: pour le bien du royaume), qui installera la dynastie capétienne, avec l'aide de l'Eglise en se jouant des impériaux ... ça c'est très fort ... Ce qui vaudra une haine farouche des Impériaux contre la France à travers l'Histoire ... Notre Nation Gauloise, ne se soumet à PERSONNE.

--------------------------------------------------------------

--------------------------------------------------------------

==> Le Roi Robert II (Le pieux) - Excommunié pour commérage, en 998 par le

Pape Grégoire V, pour avoir épousé Berthe de Bourgogne (sa cousine).

L'Eglise, interdit le mariage entre le parrain (compère) et la marraine (commère) d'un enfant baptisé, ainsi qu'un remariage avec l'un ou l'autre des parents de l'enfant, considérant le baptême comme une famille spirituelle. Ce mariage spirituel, au deuxième degré, ne peut être rompu (comme mérage), sous peine d'excommunication.

-- Après avoir épousé Rozala en 987, puis l'avoir répudié en 988, il s'éprend de Berthe, la veuve du Comte Eudes de Blois au grand dam de Hugues Capet.
-- Dès la mort de son père il l'épouse et s'écarte des lois de l'église, ce mariage étant prohibé par le droit canonique.... Il arrive avec l'aide de Gerbert à convaincre Archambaud, l'êveque de Tours, de le marier. Cependant, le pape Grégoire V n'accepta pas cette union malgré les concessions de Robert II, comme la libération de Arnoul (ancien Archevêque de Reims).
Il excommunie le Roi et son épouse en 998 et leur impose une pénitence de 7 ans.
-- Craignant la damnation, et Gerbert étant devenu pape en 999, Robert II cède et répudie Berthe qui vient de perdre son enfant.... Il épouse en 1003 Constance, la fille du comte d'Arles Guillaume Ier. Mais après avoir envahie la cour de méridionaux, elle se révèle être avare et acariâtre.

-- Elle donne deux fils à Robert qui lassé d'elle, emmène Berthe à Rome pour demander au pape la rupture de son mariage et par là même la légitimation de son union avec Berthe. Mais le pape ne peut que refuser et le Roi reprend la vie commune avec Constance.

--------------------------------------------------------------

--------------------------------------------------------------

==> Le Roi Philippe Ier -- Menacer d'interdit sur le royaume pour Simonie, PUIS, excommunié pour INCESTE, BIGAMIE & ADULTERE, en 1092 par le Pape Urbain II pour avoir répudié Berthe de Hollande et épousé Bertrade de Montfort.

-- la Simonie signifie:  "l’achat, la vente de biens spirituels, de sacrements, de postes hiérarchiques, ou de charges ecclésiastiques". La cession de biens d'Église indûment contre des biens temporels est aussi une simonie

La simonie doit son nom à un personnage des Actes des ApôtresSimon le Magicien qui voulut acheter à saint Pierre son pouvoir de faire des miracles (Actes, VIII.9-21), ce qui lui valut la condamnation de l’apôtre : « Que ton argent périsse avec toi, puisque tu as cru que le don de Dieu s’acquérait à prix d’argent ! ».

--> Ce trafic affecte principalement les clercs, assez rarement les prêtres, mais surtout les postes supérieurs de prélatures, les charges d'évêques ou, au sein des monastères, la charge de père abbé, qui pouvait-être parfois conjuguée avec une charge temporelle de seigneur local

-- La réforme de l'Eglise visant à faire disparaître la simonie, ne plaît pas à Philippe qui la pratique. Cette réforme tend en fait à faire échapper les évêchés à son contrôle, ce qui ne peut que nuire à son pouvoir politique. Le Roi continue donc ses pratiques simoniaques, si bien que de 1076 à 1082, deux légats pontificaux sillonnent le royaume en déposant et excommuniant les évêques royaux. Mais le pape Grégoire VII en proie à des difficultés avec le Saint Empire, ménage politiquement Philippe Ier.

--> Le Roi envisage un mariage Royale pour des raisons stratégiques (les Guerres de successions de Bourgogne)... La vie privée du Roi amène le nouveau pape Urbain II à plus de fermeté...En 1092, Philippe I répudie la Reine Berthe, qui lui a donné le future héritier Louis VI.

En effet, il répond à une déclaration d'amour passionnée de Bertrade de Montfort qui se croit délaissée par son époux Foulques le Réchin Comte de Blois...Il l'épouse après un enlèvement, au mépris des lois de l'Eglise mais avec le consentement de deux évêques.(Or Philippe Ier & Berthe sont COUSINS => mariage consanguin)

-- Le Pape Urbain II excommunie le Roi et sa nouvelle épouse, et Philippe ne se séparant pas de Bertrade (BIGAMIE) & ADULTERE), qui lui donne un fils Philippe de Mantes, son excommunication fut maintenue à de nombreuses reprises, en particulier au Concile de Clermont (1095) où fut prêchée la première croisade, ce qui explique qu'il n'y participera pas

--------------------------------------------------------------

--------------------------------------------------------------

==> Le Roi Louis VII (le Jeune) excommunié en 1141, par le Pape Innocent II pour refus des investitures pontificales

-- Le Roi, tente de nuire à l'indépendance des grandes baronnies menaçant le Royaume.

Dès 1109 il intervient en Bourbonnais pour stopper la rébellion d'Aimon II (Vaire-Vache) qui après avoir dépouillé Archambaud, son neveu, refuse de comparaître devant la justice royale... Il pousse même en Auvergne à la demande de l'évêque de Clermont persécuté par Aimery, le comte d'Auvergne, où il brûle Montferrand en 1126 pour l'obliger à se plier à sa justice. 
-- Roi d'Angleterre et duc de Normandie depuis 1100, Henri I de Beauclerc, le plus jeune des fils de Guillaume le Conquérant, était le plus grand ennemi du Roi de France. Dès 1109 commencent les hostilités. Les barons normands se divisent, mais cela n'empêche pas Louis VI de signer un traité qui donne à Henri I la suzeraineté sur le Maine et la Bretagne en 1113.

-- Pour condamner son ennemi, le Roi fait appel au pape Calixte II. Mais ce dernier ne propose qu'une trêve que le Roi est dans l'obligation de signer.

--Le 25 décembre 1120, tout les héritiers directs de Henri Ier d'Angleterre, périssent lors de la catastrophe de la Blanche Nef... En 1124, Henri Ier, fait appel à son gendre l'empereur Henri V pour s'allier contre Louis VI, mais l'empereur meurt en 1127.

-- Le roi d'Angleterre a alors l'idée de remarier sa fille à Geoffroy le Bel, dit Plantagenêt, héritier du fief angevin.... De plus, Guillaume Cliton décède en 1128 ce qui affaiblit le poids du Roi de France face au souverain anglais.

-- Mais Henri I meurt en 1135...Louis VI choisit successivement deux clercs pour le conseiller: Etienne de Garlande et Suger. On pourrait penser qu'il s'agit d'un gage de paix avec l'église, mais il n'en est rien....Étienne de Garland pratiquait tout autant le cumul des bénéfices et des fonctions que le népotisme.

-- Certes le Roi s'appuya sur le clergé qui avait aussi besoin de sa protection pour dompter les châtelains....Mais il traita brutalement plusieurs évêques, et n'hésita pas à affirmer la supériorité de la justice royale sur la justice d'église lors d'un conflit avec l'évêque de Paris.
En revanche, il s'allie à la papauté, quitte à garder son indépendance, comme en 1113 quand le pape voulut doubler l'évêché de Noyon-Tournai, et surtout quand Calixte II voulut en 1121 accorder la primatie des gaules à Lyon au détriment de Sens.
Quatre papes vinrent en France sous le règne de Louis VI, et quand un schisme éclata en 1130, le Roi soutint Innocent II le pape légitime, contre Anaclet II.

*** Le Roi, a voulu imposé son candidat au siège de Bourges en 1141, contre le candidat du pape, l'Eglise l'excommunia ***  --- Louis VI avait coutume de dire:

"Quelle misérable condition est la nôtre de ne jamais savoir et pouvoir tout ensemble ! Jeune, si j'avais su, et vieux, si je pouvais, j'aurais conquis bien des royaumes !"

--------------------------------------------------------------

--------------------------------------------------------------

==> le Roi Philippe II (Auguste) -- excommunié en 1200 par le Pape Innocent III pour bigamie.

 

** L'affaire du mariage ** 

Après la disparition de la reine de France, Isabelle de Hainaut (reine des Francs de 1180 à 1190.).. Philippe Auguste sait qu'il doit se remarier au plus vite. La succession dynastique n'est en effet pas assurée : son seul fils, Louis (futur Louis XVIII "le Lion"), n'a que quatre ans et vient de survivre à une grave maladie.

Le choix d'Ingeburge de Danemark s'organise autour de la nécessité pour le Roi Philippe de mettre un empêchement aux ambitions des souverains britanniques, une politique française menée depuis bientôt un siècle par ses prédécesseurs.

-- Sœur du roi Knut VI, âgée de dix-huit ans, Ingeburge n'est qu'une des nombreuses épouses possibles pour Philippe. Pourtant cette union avec la maison royale danoise lui permettrait de fragiliser la dynastie anglo-normande. En effet, Ingeburge descend par les femmes du Roi Harold II mort à la bataille d'Hastings contre Guillaume de Normandie, futur roi d'Angleterre et fondateur de la dynastie anglo-normande

-- Philippe II pense avoir trouvé un moyen de pression avec l'antériorité des droits de sa future épouse Ingeburge, droits qu'il aurait envisagé de faire valoir par la force et avec le concours des princes danois.

 

-- Un accord est conclu sur une dot de dix mille marcs d'argent dont une large partie est versée le jour du mariage par les plénipotentiaires danois présents à la cérémonie, la princesse est amenée en France, Philippe la rencontre à Amiens le 14 août 1193 et l'épouse le jour même.

-- Le lendemain, Philippe fait écourter la cérémonie du couronnement de la reine et expédie Ingeburge au monastère de Saint-Maur-des-Fossés. Le Roi annonce qu'il souhaite faire annuler le mariage....Les raisons de cette séparation précipitée, suivie pour Ingeburge de sept ans de captivité et, pour Philippe, du refus absolu de reconnaître sa place de reine

--> Les historiens britanniques prétendent que le roi Philippe avait conçu un dégoût immédiat pour son épouse, ce qui est contredit par le fait qu'il se soumettra plus tard et à de nombreuses reprises à ses obligations d'époux, même lorsqu'il le nia pour n'avoir pas à reprendre Ingeburge à ses côtés en qualité de reine de France.

--> Les historiens français ont pensé que les Danois avaient pour leur part rejeté tout projet d'envahir l'Angleterre, ce qui rendait le mariage de Philippe II subitement inintéressant pour lui, car d'une part il n'obtenait plus le concours des Danois pour envahir l'Angleterre et en plus il devait rendre la dot de son épouse ce qui était au moins une aussi grande torture pour un Roi qui comptait la moindre rentrée d'argent.

=> C'est pourquoi la version selon laquelle le roi Philippe aurait été mal remis de la suette qu'il avait contractée à la croisade ne peut être totalement écartée.

-- Pour défendre l'annulation du mariage, Philippe souhaite faire valoir, comme il l'avait fait avec Isabelle de Hainaut dont il avait également souhaité se séparer avant de reculer devant la pression populaire, un lien de parenté prohibé par l'Église.

Ingeburge ne pourra faire appel à un soutien populaire, puisqu'elle ne parle pas un mot de français (elle est tout juste capable de s'exprimer dans un latin assez rudimentaire). -- Une assemblée d'évêques et de barons donne aisément raison au Roi, qui se remarie à la hâte avec Agnès de Méranie, jeune noble bavaroise, dès juin 1196.

 

-- Mais le nouveau pape Innocent III, élu en 1198, ne l'entend pas de cette oreille. Souhaitant affirmer son autorité, il enjoint Philippe Auguste de renvoyer Agnès et de rendre sa place à Ingeburge....En l'absence de réaction du Roi, l'interdit est lancé sur le royaume à partir du 13 janvier 1200 et le pape excommunie Philippe Auguste.

--Philippe laisse toutefois la cause en suspens, Ingeburge reste captive, désormais dans la tour d'Étampes. Le Roi organise finalement une cérémonie de réconciliation, et l'interdit est levé par le légat pontifical Octavien lors du concile de Nesle en Vermandois le 7 septembre 1200. Mais la cérémonie ne rend pas tout à fait sa place à Ingeburge, et la procédure d'annulation du mariage se poursuit, Philippe étant désormais bigame.

 

--> Le concile de Soissons qui se réunit en mars 1201, se conclut cependant par l'échec de Philippe Auguste, qui abrège lui-même les débats et renonce à faire casser le mariage -- Finalement, en juillet 1201Agnès de Méranie meurt à Poissy en donnant à Philippe un deuxième héritier mâle, Philippe (après avoir donné naissance à une fille, Marie, en 1198), reconnu comme tel par le pape en novembre 1201.

 ** La crise est momentanément close et la succession dynastique est assurée ** 

Philippe reprend la procédure d'annulation du mariage en 1205, cette fois sur motif de non-consommation dans le temps, un motif rejeté par l'Église catholique puisque Ingeburge put attester des visites régulières de son époux dans les lieux où il la retient captive.... Il est probable que son opiniâtreté à obtenir la séparation tienne à la naissance en 1205 de son troisième fils... Pierre Charlot, qui resta de ce fait illégitime et dont l'éducation fut confié en 1212 à l'Église catholique probablement après la mort de sa mère, la « dame d'Arras ».

Constatant définitivement que ces projets débouchent sur une impasse gênante, le Roi met fin brutalement aux négociations de rupture en 1212 (comme en 1201) et, résigné, rend sa place, sinon d'épouse, du moins de reine en titre, à la malheureuse Ingeburge.

--------------------------------------------------------------

--------------------------------------------------------------

=> le Roi Louis VIII (Le Lion) -- Excommunié pour avoir envahi l'Angleterre (le Seul Roi de France qui aurait pu envahir l'Angleterre)

 

Après la campagne de 1214 — marquée par la victoire française du Roi Philippe Auguste et de son fils Louis lors de la bataille de la Roche-aux-Moines —, et la défaite anglaise de Bouvines (27 juillet 1214),  les barons anglo-normands profitèrent du moment où le Roi vaincu Jean sans Terre, signait à Parthenay une trêve avec le roi de France, pour se confédérer contre lui. Ils se réunirent à Bury-St-Edmunds, dans la chapelle de l’abbaye ; là, ils promirent avec serment de s’assister mutuellement pour obtenir du roi une charte qui garantit toutes leurs libertés ; qu’il se résigna à signer, le 15 juin 1215, l’acte célèbre qui est encore aujourd’hui la base de la constitution anglaise et qui porte le nom de Grande Charte (Magna Carta).

 

Après avoir ainsi accordé malgré lui, et signé de mauvaise foi cette charte, Jean se retira dans l’île de Wight, (au sud de l’Angleterre), pour y attendre en sûreté le moment de recommencer la guerre. Il obtint du pape une dispense du serment qu’il avait prêté aux barons, et l’excommunication de ceux qui resteraient armés pour le contraindre à tenir sa parole ; mais aucun évêque, en Angleterre, ne consentit à promulguer cette sentence, qui demeura sans effet.

 

Le roi d'Angleterre Jean sans Terre, avec ce qui lui restait d’argent, se procura de nouvelles troupes de Brabançons, qui, eurent l'avantage sur l’armée irrégulière des barons et des bourgeois confédérés.

Les barons, craignant de perdre le fruit de leur entreprise, résolurent de se faire appuyer, comme le Roi, par des secours venus de l’étranger : ils s’adressèrent au roi de France, Philippe Auguste, et lui offrirent de donner à son fils Louis ( futur Louis VIII alors âgé de près de 30 ans).

--> Louis, qui avait des prétentions à cette couronne du chef de sa femme Blanche de Castille, fille d’Aliénor d’Angleterre (1162-1214) — cette dernière étant elle-même fille d’Aliénor d’Aquitaine — et nièce du roi Jean — Jean sans Terre, qui règne alors sur l’Angleterre depuis 1199, était en effet le fils de feu Henri II d’Angleterre (1133-1189) et d’Aliénor d’Aquitaine (1122-1204) —, accepta ces conditions et promit de passer en Angleterre au printemps de l’année suivante.

En attendant, il envoya aux barons anglais des renforts qui les mirent en état de défendre jusqu’à son arrivée les places fortes qu’ils possédaient encore.

--> La cour de Rome s’était déclarée en faveur du roi Jean d'Angleterre, qu’elle avait reconnu son feudataire. Le pape Innocent III envoya un légat en France, le cardinal Gualo, avec la mission d’empêcher l’expédition du prince Louis.

Mais Philippe Auguste, auquel le légal s’adressa, ne voulut point reconnaître l’autorité que le pape s’arrogeait sur l’Angleterre.

Pour éviter de se brouiller avec le pontife et se mettre à l’abri d’une excommunication, il renvoya la décision de cette affaire à sa cour des pairs, dont en toute occasion il cherchait à relever l’autorité.

--> Les pairs se réunirent le 16 avril 1216 à Melun. Le roi Philippe Auguste, le prince Louis et le légat assistaient à l’assemblée.

-- Louis,  contesta la légitimité des droits de l’oncle de sa femme ; mais le cardinal appuyait ses raisonnements de menaces d’excommunication. Il jugea prudent de décliner l’autorité du roi et de la cour des pairs.

«Seigneur, lui dit-il, je suis votre homme-lige pour les fiefs que vous m’avez donnés en deçà de la mer ; mais quant au royaume d’Angleterre, il ne vous appartient point d’en décider : je soumets donc au jugement de mes pairs de prononcer si vous devez m’empêcher de suivre mon projet pour le recouvrer, lorsqu’il ne dépend pas de vous de me faire rendre justice. Je vous demande seulement de ne pas mettre obstacle à mes entreprises, car je suis déterminé à combattre jusqu’à la mort, s’il le faut, pour recouvrer l’héritage de ma femme.»

 

Louis arriva en Angleterre avec des forces suffisantes pour contrebalancer celles du Roi Jean. L’appui du fils du roi de France ne fut pas aussi utile aux barons qu’ils l’avaient espéré ; cependant, excepté les deux châteaux de Douvres et de Windsor, tout le midi de l’Angleterre reconnut l’autorité du prince français 

-- le roi d’Ecosse, le comte de Salisbury, frère naturel du roi Jean, les comtes de Warren, d’Arundel, et presque tous les seigneurs, sur la fidélité desquels Jean avait cru pouvoir compter, vinrent tour à tour rendre hommage au nouveau roi. Londres lui ouvrit ses portes le 2 juin 1216 avec de grandes démonstrations de joie.

-- Les barons et les citoyens lui prêtèrent serment de fidélité. Louis se fit ainsi proclamé (mais non couronné) roi d’Angleterre et, la main sur les saintes Écritures, jura qu’il respecterait les lois et les libertés du peuple anglais.

-- Tout semblait favoriser le fils de Philippe Auguste. Le pape Innocent III, qui tenait sur la tête de ce prince l’excommunication suspendue, venait de mourir (16 juillet 1216), et trois mois après, le 19 octobre 1216, le roi Jean, chargé de la haine publique, descendit aussi au tombeau.

 

Cette mort, qui semblait devoir assurer la couronne au Roi Louis, les Français n’avaient pas tardé à s’y conduire comme en pays conquis; à mesure que les Anglais opposèrent plus de résistance à leurs vexations, ils devinrent plus durs et plus avides .... Soulevés par l’intérêt national, tous les Anglais se prononcèrent pour Henri, fils de Jean sans Terre, âgé seulement de dix ans — Henri III d’Angleterre, né le 1er octobre 1207.

--  Louis se trouva abandonné par ceux qui lui avaient montré le plus de dévouement. La seule ville de Londres lui demeura fidèle. Le pape Honorius III, suivant la même politique qu’Innocent III, embrassa ouvertement la défense du jeune Henri, et annonça l’intention d’excommunier le prince français et tous ses adhérents.

--> Louis profita d’une trêve pour venir en France, chercher des troupes et de l’argent ; mais après une lutte vainement prolongée, une défaite que son armée éprouva à Lincoln (20 mai 1217), et le désastre de sa flotte battue et dispersée près de Douvres — bataille de Sandwich ou des Cinq-Îles, livrée le 24 août 1217 —, le décidèrent à renoncer à la couronne d’Angleterre.

 

 Le traité de Lambeth qu’il signa le 11 septembre 1217 avec les conseillers de Henri III, le prince français délia

--> tous les Anglais des serments qu’ils lui avaient prêtés ; mais il stipula pour ses partisans l’abrogation des sentences et des confiscations prononcées contre eux, et la rentrée dans tous leurs biens.

--> Il fit garantir la conservation des libertés et des privilèges de Londres et des autres villes du royaume,

--> la mise en liberté sans rançon de tous les prisonniers, et l’abolition de toutes dettes non encore payées, pour rançon de captifs ou pour contribution de guerre.

 

*** EXCOMMUNIER pour avoir profiter de la faiblesse de la perfide Albion (Angleterre), qui aurait pu permis à la France d'éviter la Future Guerre de 100 ans (116 ans) *** 

--------------------------------------------------------------

--------------------------------------------------------------

=> Le Roi Louis IX (Saint Louis) -- Excommunications Locales

 Il mène un règne inspiré des valeurs du christianisme qui contribue à fonder l'idée, que les pouvoirs spirituel et politique peuvent être incarnés par un seul homme. ( Ce qui va déplaire à l'Eglise).

--> Il atténue les excès de la féodalité au profit de la notion de, "bien commun" et développe la justice royale où le souverain apparaît comme «le justicier suprême».

De cette manière, il fait progressivement passer la France d'une monarchie féodale à une monarchie moderne, ne reposant plus seulement sur les rapports personnels du roi avec ses vassaux, mais sur ceux du roi en tant que chef de l'État avec ses «sujets».

-- Par exemple, le Roi Saint Louis est à l'origine: des Parlements (les parlements régionaux ou aujourd'hui: les Conseils Municipaux), Cour des Comptes .

-- introduit dans le royaume, des baillis et des prévôts (ancêtres des départements & des préfets qui deviendra des sénéchaux), ordonne la présomption d'innocence (toujours d'actualité, de nos jours).

 

L’exercice de la justice fut de la part du Saint-siège, l’objet des mêmes revendications que les impôts et les propriétés ecclésiastiques. Sous prétexte que les lois divines sont supérieures aux lois humaines, les papes réclamèrent pour l’église non-seulement la connaissance exclusive de toutes les causes où les ecclésiastiques étaient engagés, mais même la connaissance de celles qui n’intéressaient que les laïques.

--> Ils voulaient que ses membres ne fussent jugés que par elle, et qu’elle jugeât la société civile, en réservant le dernier ressort à la cour de Rome.

Pour justifier leurs prétentions, ils disaient:

--> L’église a le droit de connaître de tous les crimes, parce que les crimes sont des péchés, (des faits qui se rapportent au mariage, à la dot, au douaire, à la séparation, à la condition des enfants, parce que c’est elle seule qui valide par un sacrement l’union conjugale, base de la famille) 

--> Des testaments, parce qu’elle ouvre à l’homme les portes de l’autre vie,

--> Toutes les obligations contractées sous la foi du serment, parce qu’il lui appartient de punir le parjure,

--> Toutes les affaires où sont intéressées les veuves, les orphelins et les mineurs, parce que Dieu lui a confié la défense des faibles et des opprimés;

--> Qu'elle peut évoquer tous les procès, parce que dans tout procès il y a une cause injuste, et que soutenir une cause injuste est un péché.

 

Le clergé, qui trouvait dans la juridiction universelle les élémens d’une puissance illimitée, se rallia cette fois aux doctrines du saint-siège.

Dès la fin du XIIe siècle les Rois, posèrent la question de compétence par l’institution des prévôts et des baillis... Les communes et les parlements les secondèrent dans l’œuvre de sécularisation; cette œuvre se développa lentement et sûrement par les cas royaux et les appels comme d’abus; la justice ecclésiastique, malgré les efforts du saint-siège pour la maintenir, s’effaça peu à peu devant la justice séculière, et dans les derniers siècles elle n’était plus pour le clergé qu’un simple tribunal disciplinaire et pour les laïques le tribunal de la pénitence.

 

--> Ainsi s’était écroulé pièce à pièce l’édifice théocratique si laborieusement élevé par le génie de Grégoire VII. Chaque empiétement de la papauté sur la société civile avait été rudement refoulé, et c’est un roi que la papauté elle-même a mis au rang des saints, --> c’est Louis IX, le prince de paix et de justice, qui a ouvert la voie où tous ses successeurs l’ont suivi.  Il défendit ce qu’on appelait au moyen âge, les prérogatives de la couronne, ce qu’on appellerait aujourd’hui, l’indépendance nationale.

 

--> En 1235, le légat étant intervenu dans un débat qui s’était élevé entre l’évêque de Beauvais et les magistrats municipaux de cette ville, le Saint roi déclara:

«qu’il ne reconnaissait à personne le droit de se mêler directement ou indirectement des affaires qui relevaient de sa souveraineté ou de sa juridiction séculière, et qu’il défendait d’en faire le sujet d’aucune enquête.»

Ce fut là le premier acte de résistance officielle et comme le point de départ du mouvement , qui a exclu les papes des affaires temporelles de la monarchie et les a enfermés dans des attributions purement doctrinales et dogmatiques.

--> A dater du règne de Saint Louis en effet, il s’est développé d’âge en âge un droit traditionnel qui a répondu article par article au Dictatus de Grégoire VII ; c’est ce droit qui a reçu le nom de libertés de l’église gallicane.

--------------------------------------------------------------

--------------------------------------------------------------

=> Le Roi Philippe IV (le Bel) -- excommunié en 1302 par Boniface VIII (qui a aussi jeté l'interdit sur le Royaume de France) pour résistance à l'autorité Pontificale (avoir refuser de reconnaître qu'il tenait du pape la souveraineté sur son royaume).

 

Le règne de Philippe IV le Bel est marqué par ses différends avec le pape Boniface VIII, dont le point central est le droit que s'attribue le Roi de France d'imposer les biens de l'Église situés dans son royaume, la France.

-- Ce que va contester le Pape, soucieux de conserver la force du principe de pré-éminence du pape sur les Rois, du pouvoir spirituel sur le pouvoir temporel --

--> La décrétale Clericis laicos du 24 février 1296, est le point de départ. Boniface VIII, qui a alors d'autres préoccupations (conflits avec les Aragonais de Sicile et les Colonna), se trouve dans l'embarras et, en dépit de son caractère hautain, cèda.

--> Les bulles Romana mater (février 1297 et Etsi de statu (en) (juillet 1297) donnent au Roi gain de cause. Ce dernier document contient une renonciation formelle aux prétentions émises pour la défense des biens ecclésiastiques contre l'arbitraire des Rois dans la décrétale Clericis laicos.

--> Cependant, en 1302, par la bulle Unam Sanctam, Boniface VIII déclare la supériorité du pouvoir spirituel sur le pouvoir temporel, et par ce biais la supériorité du pape sur les rois, ces derniers étant responsables devant le chef de l'Église.

-- Philippe le Bel réunit un concile des évêques de France pour condamner le pape, ainsi que des assemblées de nobles et de bourgeois à Paris (précurseurs des états généraux, qui apparaissent pour la première fois sous son règne)....Le Roi cherche l'appui de tous ses sujets afin de légitimer la lutte qu'il mène contre le pape.

 

** Ce dernier menace de l'excommunier et de jeter l'interdit sur le royaume de France.**

 

Fort du soutien de la population et des ecclésiastiques, le Roi envoie alors son conseiller (et futur garde des Sceaux), le chevalier Guillaume de Nogaret, avec une petite escorte armée vers l'Italie, dans le but d'arrêter le pape et de le faire juger par un concile. Nogaret est bientôt rejoint par un ennemi personnel de Boniface VIII, Sciarra Colonna, membre de la noblesse romaine, qui lui indique que le pape s'est réfugié à Anagni, résidence d'été du pape, proche de Rome, et fief des Caetani, la famille du pape.

** La gifle d'Anagni **

--> Le 7 septembre 1303, Nogaret et Colonna arrivent à Anagni et trouvent le pape seul dans la grande salle du palais épiscopal de Caetani abandonné par ses partisans. Le vieil homme de 68 ans est assis sur un haut siège, en habit de cérémonie, et ne réagit pas à l'irruption de la troupe armée. En voyant Guillaume de Nogaret et Sciarra Colonna approcher, il incline légèrement la tête et déclare : 

«Voilà ma tête, voilà mon cou, au moins je mourrai en pape !»

Guillaume de Nogaret recule, impressionné, tandis que Sciarra Colonna, dans sa haine de Boniface VIII, se serait avancé insolemment et lui aurait, dit-on, donné une gifle avec son gantelet de fer....Peu de temps après le 9 septembre, la population de la ville d'Anagni se révolte et dégage le pape des mains des Français, mais le souverain pontife tombe malade et meurt un mois plus tard à Rome le 11 octobre 1303.

 

--> Cet énorme scandale éclabousse Philippe le Bel, bien qu'il n'en soit pas directement responsable. D'après Jean-François Chantaraud dans "L'État social de la France",:

"cette partie d'échecs remportée par le Roi Philippe IV  (le Bel) contre le Pape constitue la clé de voûte de la fusion française des pouvoirs temporel et spirituel: dès lors, le chef de l'exécutif détient le monopole de la légitimité, à dire le juste et l’État va devenir le producteur des justifications sur lesquelles il fait reposer ses propres décisions."

--------------------------------------------------------------

--------------------------------------------------------------

=> Le Roi Charles V (Le sage) - Excommunié pour schisme, hérésie et crime de lèse-majesté

 

** Le schisme de l'Eglise Catholique en Occident ** 

En refusant d'accepter le principe d'une supériorité du pouvoir spirituel sur le pouvoir temporel, Philippe le Bel a empêché l'instauration par Boniface VIII d'une théocratie en Europe.

Depuis 1309, les papes résidant à Avignon sont majoritairement français (généralement proches du Roi de France), et nomment des Français comme légats et gouverneurs des provinces ecclésiastiques d’Italie. Or, les Français ne sont pas familiers des affaires locales et sont détestés des Italiens. Grégoire XI commet l’erreur de perpétuer cette mauvaise habitude. À sa mort, les Italiens spoliés fomentent des émeutes pour influer sur le vote et faire élire Urbain VI, le 8 avril 1378.

--> Il s'agit du premier pontife italien depuis que la papauté s'est installée à Avignon. Son élection s'est faite sous la pression de la rue, mais les cardinaux l'ont choisi pensant que, peu puissant, il ne remettrait pas leurs privilèges en jeu. À peine élu, Urbain VI se brouille avec les cardinaux d'Avignon en voulant leur imposer de vivre conformément à l'Évangile, en réduisant leur train de vie, en renonçant à leurs pensions et en investissant dans la restauration de l'Église.

--> Les membres du Sacré Collège, en majorité français, habitués aux fastes et aux intrigues de couloirs grâce auxquels ils ont pu accéder à leurs charges si rémunératrices, voient d'un très mauvais œil ce pape moralisateur

 

Ils contestent son élection sous la pression de la population romaine en insurrection. Profitant de sa brouille avec la reine de Naples, ils se réunissent à nouveau à Naples et le somment d'abdiquer le 2 août.

--> Le 18 septembre, à Rome, Urbain VI nomme 29 nouveaux cardinaux dont 20 italiens. Les cardinaux français disposent d'un puissant réseau d'influence, très introduit à la cour de Charles V de France (le Saint-Siège est l'épicentre diplomatique de l'Occident) ... Les cardinaux contestataires obtiennent d'abord le soutien de la Reine Jeanne de Naples (issue de la maison d'Anjou et opposée aux Visconti depuis la guerre des guelfes et des gibelins). Ils font jouer leurs réseaux d'influence et réussissent à convaincre les conseillers de Charles V, puis le Roi lui-même, de la non-validité de l'élection d'Urbain VI.

--> Le Roi adresse son accord aux cardinaux rebelles le 6 octobre 1378. Ceux-ci, très bien renseignés et 15 jours avant réception de cette lettre confirmant l'accord du roi, élisent Clément VII (1378-1394) lors d'un conclave à Fondi, dans la région de Rome.

Ce pape français n'ayant pu s'imposer en Italie s’installe à Avignon en 1379.

--> L'Occident chrétien se divise alors:

1) une moitié de l'Europe reste fidèle à Rome (l'Italie du Nord, l'Angleterre, les Flandres, le Saint-Empire et la Hongrie), tandis que

2) l'autre moitié (France, Naples, l'Écosse, duchés de Lorraine, d'Autriche et de Luxembourg) en tient pour le pape d'Avignon.

--> Le territoire de la Suisse actuelle est particulièrement touché de par sa situation entre les blocs et son morcellement politique. Dans la plupart des diocèses suisses, il y a alors deux évêques d'obédience opposée.

--> Les royaumes espagnols restent neutres dans un premier temps mais réclament un concile. Par son soutien à Clément VII, Charles V est largement responsable du schisme puisque sans son appui, l'antipape n'aurait eu aucune légitimité.

 

=> A la demande de son père, le Roi Jean II - Le Bon, le Roi Charles V,poursuit les réformes du Royaume de France... Aux Etats Généraux de 1355, il a été demandé:

"la participation à l'impôt du clergé" (l'impôt sur le Revenu)

"Tous clercs et gens d'Eglise, prélats,abbés, prieurs,chanoines, curés et autres ayant soit en bénéfice, soit en patrimoine, soit en l'un et l'autre conjointement, depuis cents livres de revenu jusqu'à cinq mille livres, paieront quatre livres pour la première centaine de livres et quarante sous pour les autres centaines".

=> l'Eglise proteste !!

L'université de Paris se tourne alors vers le pape Innocent VI (papiste Romain), qui écriva au Roi Jean II - le Bon:

"Dites-nous,très cher fils,s'il était à propos d'augmenter les charges du clergé déjà épuisées,par les subsides que vous avez levés tant de fois sur lui. S'il fallait imposer le fardeau sur toutes les Eglises, à cause de concession que vous ont faite quelques prélats coupables d'avoir, en agissant ainsi, violé les Saints canons. Si vous devez, vous le protecteur et le bienfaiteur des Eglises, apprendre, par votre exemple, aux autres Princes à porter leurs désirs et leurs mains sur des bien dont l'usage leur est interdit"

Le nouveau pape Grégoire XI, se heurte à la volonté de Charles V-Le sage. Le Roi de France, décide de rappeler les anciens droits d'amortissements que doit un ecclésiastique lors de l'achat d'un nouveau bien. 

=> Par un édit Royal, le Roi déclare:

"Toutes les acquisitions,faites par le clergé, depuis 40 ans seront recherchées et soumises à la taxe".

 

Au gré de l'histoire, ses ont établis différentes justices seigneuriales, comtales, ecclésiales etc..chacune établissant ses compétences en fonction de ses terres.

=> Pour l'Eglise, il n'y peut avoir de justice qui contredit la Foi & qu'il lui appartient de juger & condamner les manquements à la foi divine, car supérieure aux lois humaines. Les ecclésiastiques et les Laics, lui sont soumis.

=> Le Roi de France, Charles V-le Sage, veut installer, le pouvoir Royal & en finir avec les "pouvoirs" des féodaux, le 8 Mars 1371, par une Ordonnance Royale, le Roi détermine les compétences des juridictions des uns et des autres, dressant la liste des maux qui ne relèvent en rien de la Justice ecclésiastique (ou de l'Eglise).

=> Il ordonna,aux officiers Royaux d'empêcher et de saisir, s'il le faut, le Temporel des contrevenants.

=> Il soumet toutes les décisions judiciaires arbitraires (seigneuriale, ecclésiale, villageoise) en imposant la possibilité de l'appel en Justice souveraine du Roi.

 

l'Eglise condamna, l'action du Roi avec sa bulle papale du 28 décembre 1371.

--- AUCUN EFFET sur le Royaume --- 

A Rome, en 1379, le Pape, Urbain VI, prépare une bulle d'excommunication contre tous les tenants du Pape Clément VII; coupable de schisme, hérésie et crime de lèse majesté... pour avoir soutenu le schisme de l'Eglise Catholique de Rome en soutenant le Pape d'Avignon.

=> Le Roi de France, Charles V-le Sage, ayant soutenu, le Pape d'Avignon est EXCOMMUNIE

=> Ce schisme de l'Eglise va entraîné, la Guerre civile dans l'Eglise, Rome, déclara par la suite: "" la Sainte Croisade "" contre les partisans du Pape d'Avignon, levant des troupes de mercenaires pour reprendre la cité pontificale d'Avignon.

--> le Pape d'Avignon, lui aussi fulmine une bulle d'excommunication aux partisans Papistes de Rome.

 

--> Le 16 Septembre 1380, le Roi Charles V-le Sage, meurt et déclara:

"Je me suis déterminé à embrasser l'obédience du Pape Clément, d'après, les écrits des cardinaux auxquels appartient l'élection du Pape et dont, le témoignage en pareille matière doit être regardé comme plus véritable et d'un plus grand poids que celui de tous autres.

J'ai suivi,dans ma résolution, l'avis d'un grand nombre de prélats, d'ecclésiastiques et de mon Conseil.

Et me suis attaché à Clément, ni par raison de parenté, ni pour toute autre considération humaine, mais uniquement parce que j'ai cru bien faire et par défference pour les conseils qui m'étaient donnés.

Du reste, si je me suis trompé, je proteste que je veux m'en tenir à la décision de l'Eglise Universelle décidantla question, soit dans un concile général, soit autrement, afin de n'avoir rien à me reprocher et me montrer enfant dévoué de l'Eglise Catholique"

--------------------------------------------------------------

--------------------------------------------------------------

=> Le Roi Charles VI (Le Bien aimé ou le Fou) - Excommunié pour "substraction" d'obédience

--> Le 22 Mai 1398, à Paris, en l'Absence du Roi Charles VI, victime d'une crise de démence passagère, s'ouvre un Nouveau concile. Du 29 au au 6 Juin, le Concile doit répondre à 2 questions:

--> Faut il il se soustraire à l'obédience du Pape Benoit XIII (pape d'Avignon) pour l'obliger à adhérer à la voie de cession ?

--> Supposer  qu'on adopte la substraction  d'obédience, doit-elle être partielle (suspension de la collation des bénéfices de l'Eglise, lui privant de tout moyen financier) ou entière (l'Eglise de france se gouverne seule & par elle même, comme-ci le Saint Siège était vacant)  ?

Le 27 Juillet 1398, le Grand-Conseil de Charles VI, par un édit Royal, ordonne:

--> La substraction d'obédience: le Royaume de France ne reconnaît plus l'autorité d'aucun Pape....Le 28 Juillet 1398 l'édit est notifié au Concile National:

"Finalement fût délibéré et conclu, qu'on ne soustrairait pas seulement au pape Benoit XIII (Pedro de Luna, Pape d'Avignon)la collation et disposition des bénéfices, mais qu'on lui ferait pleine substraction de toute obédience. Et, sur ce furent, lettres bien notablement faites et composées, lesquelles furent envoyées et publiées par tout le Royaume de France. Et, fut conclu que l'Eglise de France serait réduite à ses anciennes libertés et franchises"  ... Juvénal des Ursins ... 

-->  Au concile: le Clergé et la Cour, organisent l'administration de l'Eglise Gallicane de France.

--------------------------------------------------------------

--------------------------------------------------------------

=> Le Roi Charles VII (Le Victorieux) - Contre la servitude Volontaire (La pragmatique Sanction)

 

--> Après l'épreuve du Grand Schisme d'Occident (1378–1417), l'Église catholique peine à retrouver de l'autorité.

--> Le concile de Constance (1414–1418) a bien pris quelques mesures pour restaurer un semblant de discipline mais, à Rome, le souverain pontife n'arrive pas à rétablir son autorité. Aussi Martin V (élu à Constance) convoque un nouveau concile, mais il décède avant qu'il ne se tienne : c'est Eugène IV qui le réunit, d'abord à Sienne puis à Bâle, en 1431.Mais, loin de retrouver son autorité, le pape se heurte à une violente opposition de l'assemblée conciliaire.

--> Celle-ci proclame sa prééminence sur le pape qui, en retour, menace de la dissoudre. L'empereur Sigismond et le Roi Charles VII, proposent une médiation pour éviter un nouveau schisme. Elle permet de trouver un accord temporaire et le concile peut se poursuivre. Il décide en particulier

=> la suppression d'une redevance, source de revenus importante pour Rome : les annates.

Pour contrer ces initiatives, le pape convoque un autre concile à Ferrare en janvier 1438. Eugène IV ayant réussi à faire pression sur les autorités politiques, seul un petit groupe demeure à Bâle. L'on défait à Ferrare les décisions prises à Bâle.

--> La Pragmatique Sanction de Bourges est une ordonnance qui fut débattue dans le chapitre de la Sainte-Chapelle de Bourges et promulguée le 7 juillet 1438, par le Roi de France Charles VII, avec l'accord du clergé réuni en assemblée à Bourges.

--> Le Roi s'affirme comme le gardien des droits de l'Église de France. Ce décret fut le premier pas vers le gallicanisme, renforcé par le concordat de Bologne de 1516.

 

Au vu des désordres engendrés par le conciliarisme, Charles VII décide d'organiser l'Église de France à sa manière, en se référant aux réformes entérinées à Bâle.

--> Le 7 juillet 1438, le Roi promulgue la Pragmatique Sanction.

Autour de Charles VII, les évêques et les abbés de France constituèrent cette assemblée de Bourges.Étaient présents quatre archevêques :

  • l'archevêque de Reims et chancelier de France, Renault de Chartres ;

  • l'archevêque de Tours, Philippe de Coëtquis ;

  • l'archevêque de Bourges, Henry d'Avangour ;

  • l'archevêque de Toulouse, Denis du Moulin.

=> 25 évêques, et un grand nombre d'abbés et de députés des différentes universités et chapitres de France....À cette assemblée le pape Eugène IV avait pour représentant --> l'archevêque de Crète et évêque de Digne, Pierre de Versailles, docteur en théologie,

--> le concile de Bâle était quant à lui représenté par l'évêque de Saint-Pons,

--> l'abbé de Vézelay, Guillaume Hugues, archidiacre de Metz,

--> le chanoine de Lyon, Jean de Manze, et l'éminent docteur en théologie Thomas de Courcelles.

 

Cette ordonnance reprend, avec quelques modifications, une vingtaine de décrets pris par le concile dans l'esprit duquel elle s'inscrit et donne un statut particulier à l'Église de France. => Elle constitue, une alliance entre le souverain et le clergé, limite les prérogatives du pape en réaffirmant la suprématie des conciles qui ont clairement défini les pouvoirs du Saint-Siège.

--> Dans son préambule, la Pragmatique Sanction de Bourges dénonce les abus de la papauté. Dans son premier article, elle déclare la suprématie des conciles généraux sur le Saint-Siège et limite les pouvoirs du pape.

=> Ainsi la libre élection des évêques et des abbés par les chapitres et les monastères est rétablie: elle supprime les nominations par le Saint-Siège et son droit de réserve.

La royauté obtient de pouvoir « recommander » ses candidats aux élections épiscopales et abbatiales auprès des chapitres.

 

L'ordonnance de Bourges établit aussi des juridictions permettant de limiter les appels (souvent onéreux) faits à Rome. Enfin, elle fixe un âge minimum pour devenir cardinal, réduit la possibilité du pontife de lever un certain nombre d'impôts (suppression des annates) et restreint les effets de l'excommunication et de l'interdit.

==> Fin politique, Charles VII réussit ce que Philippe le Bel a vainement tenté de réaliser. Bien que se référant à Rome, l'Église de France acquiert une grande autonomie. Le roi s'assure la loyauté du clergé français.

==> Cependant, la Pragmatique Sanction est inacceptable pour le pape, malgré le soutien apporté par Charles VII à Eugène IV contre l'antipape élu par les irréductibles de Bâle (particulièrement le premier article sur la prééminence des conciles).

Privé de précieux revenus, le Saint-Siège demande l'abrogation de la Pragmatique Sanction, ou du moins que celle-ci soit sérieusement amendée. On entame des discussions interminables. Le pape envoie sur place son légat Pietro del Monte, en vain.

** La Pragmatique Sanction est acceptée par le clergé français et par la plupart des parlements. **

--------------------------------------------------------------

--------------------------------------------------------------

=> Le Roi Louis XII (Le Père du Peuple) - Excommunié pour insoumission

 

--> Durant le temps de la Ligue de Cambrai, des tensions apparaissent entre le Roi Louis XII et le Pape Jules II,lorsque que l'armée royale française aux ordres du Vatican, font la conquête des domaines Vénitiens du milanais. Pendant ce temps, le Vatican, tente de soumettre le Clergé de France oubliant les traités signés : le Concordat d'Amboise & la pragmatique Sanction , puis, l'Eglise Gallicane ... Le Pape Jules II s'oppose au Roi et au clergé dans la nomination des prélatures et des perceptions des bénéfices.

--> Le 16 Avril 1510, le Pape Jules II, EXCOMMUNIE le Roi Louis XII, pour insoumission.

--> le 25 mai 1510, le Vatican réclame: le droit de dépouille, sur les biens de l'évêque de Rouen (premier ministre de Louis XII,) ,"Georges d'Amboise, cardinal-évêque", décédé..

*** REFUT catégorique du Roi *** faisant saisir les biens de l'Eglise, dans le duché de Milan.

--> le 14 octobre 1510, le pape Jules II, EXCOMMUNIE, tous les princes & soldats Français, se battant en Italie.

--> Louis XII excommunié, le 4 octobre 1511 par, le pape Sixte V, pour avoir refuser de 
céder des villes italiennes à l'État Pontifical
, lequel créa la Sainte Ligue (Ligue Catholique) européenne contre la France,constitué le 5 octobre 1511; par le pape

Jules II.

--> En 1513, la défaite de Novare met fin aux ambitions italiennes du Roi Louis XI.

--------------------------------------------------------------

--------------------------------------------------------------

=> Le Roi François Ier (Le Roi chevalier) - Le Concordat de Bologne

 

Le concordat de Bologne est signé à Rome le 18 août 1516, lors du Ve concile du Latran, entre le pape Léon X et le chancelier Antoine Duprat qui représentait le Roi de France François Ier.

Largement conçu par l'humaniste Jean de Pins, il est le fruit des discussions engagées à Bologne en décembre 1515 entre François Ier, auréolé du prestige de sa victoire de Marignan, et Léon X....Il régit les relations entre l'Église catholique romaine et le roi de France jusqu'en 1790.... Il donne au Roi de France un pouvoir sur l’Église dans son royaume dont ne disposait aucun autre souverain catholique.

 

--> Ce concordat est un compromis qui abroge la Pragmatique Sanction de Bourges et officialise par un traité, la pratique de la présentation aux bénéfices ecclésiastiques inaugurée au XIVème siècle par Philippe le Bel.

Le pape se trouvait ainsi dégagé des théories sur la supériorité du Concile général proclamées au concile de Bâle ; le roi de France avait à sa disposition les bénéfices majeurs, soit 150 évêchés et archevêchés auxquels s’ajoutent 500 abbayes ou prieurés.

 

** Le pouvoir du Très Chrétien sur l'Église gallicane **

Les élections sont en principe supprimées. En pratique les principales étapes pour la nomination d'un évêque sont :

  • le Roi «nomme», dans les six mois un candidat aux bénéfices majeurs vacants ;

  • le pape fait examiner la candidature qui doit être un homme de plus de 27 ans, licencié ou docteur en théologie et en droit et de bonnes mœurs;

  • il lui confère alors l'investiture canonique qui lui donne le pouvoir de juridiction sur les fidèles de son diocèse ;

  • les nommés prêtent ensuite un serment de fidélité au roi de France qui leur donne leur charge : c'est l'investiture temporelle.

--> Le Parlement de Paris, oppose au Roi la tradition qui veut que chaque église puisse choisir son pasteur et, en 1518, rechigne à accepter le concordat que le Roi doit faire enregistrer de force.

Cependant, dans la pratique, les nouvelles dispositions ne changent pas les usages institués par la "Pragmatique Sanction" qui permettait, de fait, au Roi de faire élire son candidat. La différence réside dans la reconnaissance par le Saint-Siège du droit de nomination royal et dans l'interdiction des élections.

--> Enfin, dans le duché de Bretagne et le comté de Provence, qui n'étaient pas inclus dans le concordat, la situation canonique est précisée dans un indult du 30 octobre 1516.

Dans les maisons religieuses où l'élection était la règle :

  • le Roi doit nommer dans les six mois un candidat ;

  • celui-ci doit avoir plus de 23 ans, être religieux profès du même ordre ;

  • en fonction de ces conditions il reçoit l'investiture du pape.

Certaines églises, abbayes ou prieurés conservent le droit d'élire leur pasteur en vertu d'un privilège accordé par le Saint-Siège. Les maisons féminines et les prieurés séculiers conservent ainsi le droit d'élection.

--> Cependant, Léon X, qui avait justifié la conclusion du concordat par sa volonté de mettre fin aux abus, leur rouvre la porte en accordant d'importantes dérogations. Pourront être nommés en contradiction avec les règles énoncées :

  • les personnes de sang royal ;

  • les personnes de haut rang (…personis sublimibus…).

Les bénéfices pourront être parfois accordés à ceux qui n'ont pas les dispositions requises, cumulés et utilisés pour faire bénéficier de la faveur royale ceux dont le Roi veut s'attacher => la fidélité.

 

** L'extension du concordat **

Le droit de nomination concédé aux Rois de France par la bulle du 18 août ne comprenait pas les bénéfices de Bretagne et de Provence. Il fut étendu à ces provinces par un indult du 3 octobre 1516. Il fut ultérieurement étendu aux territoires réunis au royaume.

--> Par un bref du 11 décembre 1664, le pape Alexandre VII concéda à Louis XIV, à titre viager, la nomination aux évêchés de Metz, Toul et Verdun.

-->Par un bref du 23 mars 1668, le pape Clément IX étendit le droit de nomination royale à tous les bénéfices consistoriaux situés dans ces diocèses.

--> Par un bref du 9 avril 1668, Clément IX concéda à Louis XIV la nomination à l'évêché d'Elne — ultérieurement transféré à Perpignan — et aux autres bénéfices consistoriaux du Roussillon ainsi qu'à l'évêché d'Arras et aux autres bénéfices consistoriaux des territoires cédés à la France par le traité des Pyrénées.

--> Par des indults du mois d'août 1668, Clément IX concéda à Louis XIV le droit de nomination aux bénéfices situés sur les territoires cédés à la France par le traité d'Aix-la-Chapelle....Le pape Innocent XI concéda à Louis XIV la nomination aux évêchés d'Ypres et de Saint-Omer et aux bénéfices consistoriaux de Bourgogne et des autres places des Flandres cédées à la France par le traité de Nimègue.

--> Par un bref du 4 janvier 1695, le pape Innocent XII concéda à Louis XIV la nomination à l'archevêché de Cambrai. S'agissant de la nomination à l'archevêché de Besançon, le 29 juin 1698, les chanoines de Besançon renoncèrent à leur droit d'élection à l'archevêché et en cédèrent le droit de nomination au Roi de France.

 

** La fin du concordat (Remercions la République d'avoir tout détruit) **

Le concordat est abrogé par la constitution civile du clergé décrétée par l'Assemblée nationale constituante le 12 juillet 1790. Sanctionnée par Louis XVI le 24 août 1790, elle devient la loi des 12 juillet - 24 août 1790... La constitution civile du clergé est condamnée par le pape Pie VI.

--> Après le concordat de 1801, Louis XVIII tenta de revenir au concordat de Bologne en s'appuyant sur les Royalistes.

--------------------------------------------------------------

--------------------------------------------------------------

=> Le Roi Henri II (Le Roi contre le Pape) - le Pape Jules III, jette l'interdit sur le Royaume de France

 

En 1551, dans le contexte de la guerre et de la gestion des affaires italiennes, un violent conflit oppose Henri II au pape Jules III.

--> Le 27 juillet 1551, le pape lance l'anathème contre le Roi.

En réaction, Henri II rompt toutes ses relations avec la papauté et l'idée d'un schisme, quoique vite écartée, est évoquée. 

--> Henri II préfère prendre des mesures de rétorsions. Il interdit

-- le transfert des bénéfices à Rome,

-- il s'oppose à la participation des prélats français au concile de Trente et le 13 août,

-- il déclare la guerre au pape.

--> Inquiet de la rupture engagée, le pape cherche à se réconcilier dès le mois d'octobre... Le Roi bénéficie de l'appui du Parlement de Paris, toujours hostile à l'ingérence de Rome dans les affaires françaises...Ainsi, en 1557, celui-ci s'oppose au rétablissement de l'Inquisition dans le royaume.

--> L'attachement du Roi à la religion catholique ne l'empêche pas de soutenir les princes réformés d'Allemagne et de maintenir l'alliance avec les Turcs qu'avait initiée François Ier, dans une dynamique propre au XVIème siècle, d'affirmation des intérêts de l’État, même contre d'autres monarques catholiques.

--------------------------------------------------------------

--------------------------------------------------------------

=> Le Roi Henri III , EXCOMMUNIE le 5 mai 1589 par Sixte V, pour l'assassinat du Duc de Guise (Chef de la Ligue Catholique)

 

--> François, le frère du roi, meurt de tuberculose en 1584 sans enfant. Henri III lui-même ne parvient pas à en avoir. Enceinte au début de son mariage, la reine Louise n'a conçu que de faux espoirs. La dynastie des Valois est donc condamnée à s'éteindre.

--> Selon la loi salique, l'héritage de la couronne reviendrait à la maison de Bourbon dont le chef, protestant, s'avère Henri, roi de Navarre. Pour les catholiques, l'accession au trône d'un huguenot (protestant) demeure rédhibitoire ; même la réconciliation entre le Roi de France et le Roi de Navarre est inacceptable.

-->Le duc de Guise, craignant l'arrivée sur le trône d'Henri de Navarre, signe avec l'Espagne un traité secret. Contre 50 000 écus mensuels, le duc s'engage à empêcher Henri de devenir roi de France et à placer plutôt "le cardinal Charles Ier de Bourbon", catholique, sur le trône, sous le nom de "Charles X"

Sous la pression de la Ligue et de son chef, le très populaire duc de Guise, Henri III se voit contraint de signer le traité de Nemours le 7 juillet 1585. Le Roi s'y engage à «bouter les hérétiques hors du royaume» et à faire la guerre à Henri de Navarre, son propre héritier.

=> La huitième et dernière guerre de Religion commence. On la nomme «guerre des Trois Henri», (car Henri de Guise, Henri III de France, et Henri III de Navarre incarnent les trois belligérants).

 

En mars 1587, alors qu'il est en visite à Saint-Germain-en-Laye, Henri III manque de se faire enlever par la faction de la Ligue catholique et du roi d'Espagne. Cette conspiration bientôt découverte, échoue

--> Le 20 octobre 1587, à la bataille de Coutras, les troupes catholiques du Roi dirigées par le duc de Joyeuse se heurtent à celles d'Henri de Navarre, en route depuis La Rochelle pour rallier une armée de 35 000 huguenots qui doit marcher sur Paris. Pour l'armée catholique, la confrontation tourne à la catastrophe : 2 000 de ses soldats y périssent, alors qu'Henri de Navarre n'en perd que quarante. Le duc de Joyeuse est tué, ainsi que son frère Claude de Saint-Sauveur.

 

Les ambitions de la Ligue catholique et l'ampleur du mouvement qu'elle représente font ombrage au Roi qui la prend en haineHenri III tente par tous les moyens de freiner son expansion. Très vite, un fossé se creuse entre lui et les milieux catholiques urbains.

Les catholiques lui reprochent son manque de vitalité et d'utilité dans la guerre contre les protestants. 

Henri III, en effet, se préoccupe davantage des ambitions de la Ligue que des protestants. L'image du roi, ridiculisé par les pamphlets de la Ligue et par les sermons des curés parisiens, se détériore considérablement dans les milieux populaires.

--> Le 8 mai 1588, le duc de Guise, malgré l'interdiction qui lui en avait été faite, entre à Paris. Craignant une prise de pouvoir des ultra-catholiques, 

--> Henri III fait, le 12 mai, entrer les Suisses et les Gardes-Françaises dans la capitale, ce qui déclenche une insurrection. C'est la journée des barricades. Le 13 mai 1588, le Roi quitte Paris pour Chartres.

--> Le 1er août 1588, Catherine de Médicis et Henri de Guise se rendent à Chartres et demandent au Roi de revenir à Paris. Il refuse. Dissimulant son intention de se débarrasser de la Ligue, il signe à Rouen l'édit d'union qui fait siennes les intentions de la Ligue. Dans le but d'obtenir des crédits pour poursuivre la guerre, il convoque les états généraux à Blois et congédie les membres de son conseil les plus fidèles, Bellièvre, Cheverny et Villeroy, même le duc d'Épernon, (bête noire de la Ligue), est officiellement disgracié.

 

--> Croyant rétablir son autorité par un «coup de majesté», il fait assassiner le duc de Guise le 23 décembre 1588, au matin et le lendemain, son frère le cardinal de Guise, jugé aussi dangereux que son frère, à coups de hallebarde. À Blois, il fait arrêter les ligueurs et les membres de la famille des Guise.

Après l'assassinat d'Henri III en 1589, le duc de Mayenne, proclame "Roi de France" sous le nom de "Charles X", le Cardinal Charles Ier de Bourbon....Le 5 mars 1590, le Parlement de Paris rend un jugement qui le reconnaît Roi de France légitime.

Durant cette période où il est toujours détenu prisonnier au château de Fontenay, d'où il envoie une lettre à son neveu Henri IV qu'il reconnaît comme Roi légitime

 

--> Le 5 janvier 1589, le Roi est au chevet de sa vieille mère qui meurt dans la nuit. L'assassinat du duc de Guise provoque le soulèvement immédiat de la France ligueuse.

-- À Paris, la Sorbonne délie de son serment de fidélité le peuple de France, alors que les prêcheurs appellent au meurtre. Toutes les villes et les provinces suivent, à l’exception de Tours, Blois et Beaugency, (proches du Roi) et Bordeaux (tenue par Matignon), Angers (d’Aumont) et le Dauphiné (d’Ornano).

-- Abandonnant Blois, le Roi se réfugie à Tours le 6 mars 1589.

--> Isolé, traqué par le duc de Mayenne près d’Amboise, Henri III se voit contraint de se réconcilier et de traiter avec le Roi de Navarre le 3 avril 1589.

Les deux hommes (Henri III et Henri de Navarre futur Henri IV) se rencontrent au Plessis-lèz-Tours le 30 avril 1589 => Troupes royales et troupes protestantes s'unissent alors pour combattre la Ligue.

--> le 5 Mai le pape Sixte V, réunit un consistoire, puis le 26 mai est affiché sur les portes des Eglises Saint Pierre et Saint-Jeande-Latran(Rome), laletre-monitoire annonçant *** l'EXCOMMUNICATION du Roi de France Henri III. ***

 

*** Position du Pape dans le conflit *** 

Face à cet imbroglio sans précédent, l’attitude pontificale sera le fruit d’une volonté intraitable de maintenir la religion catholique en France et d’un souci constant d’appréhender la spécificité française.

En effet, Sixte V, le Pape régnant, commence par pencher du côté de “Charles X”. Mais, rapidement pris d’un doute, il se renseigne, écoute les différentes parties, envoie un légat, consulte les cardinaux, analyse avec soin les motivations profondes des puissances étrangères qui se sont immiscées, hésite pour finalement conclure que la seule voie pour la France, c’est la conversion d’Henri de Navarre, autrement dit le respect simultané des trois principes de la loi de succession.

Une attitude prudente et responsable

=> Au consistoire du 11 septembre 1589, Sixte V évoque le tragique destin des derniers Valois et l’assassinat d’Henri III. Il semble, alors, partager les vues de la Ligue quant à la succession française. Cependant, la déclaration d’Henri de Navarre garantissant les droits des catholiques et manifestant sa disposition à s’instruire d’ici six mois dans la religion catholique l’amène, rapidement, à adopter une attitude prudente. Il refuse, ainsi, de reconnaître comme ambassadeur de France le seigneur de Diou, ambassadeur du duc de Mayenne alors chef de la Ligue.

=> Au consistoire du 25 septembre, Sixte V nomme le cardinal Caetani légat en France. Le but de la mission du cardinal légat est clair:

--- en premier lieu, le maintien de la foi catholique en France

--- dans la mesure du possible, détacher de Navarre ses adeptes catholiques et les unir aux partisans de la Ligue.

Mais entre-temps, les nouvelles qui arrivent de France incitent le Pape, de nouveau, à la prudence.

 

** La mission du cardinal légat Caetani **

=> Le 2 octobre, il donne verbalement des instructions modifiées au cardinal légat sur le départ :

-- 1)  Il doit enquêter pour savoir si le cardinal de Bourbon, proclamé roi sous le nom de Charles X, a bien été élevé à cette dignité par tous les Ligueurs ou seulement par quelques-uns de ces derniers.

-- 2) Le Pape précise qu’il n’envisage son appui à la Ligue que comme une aide apportée à la religion catholique ; il faut donc examiner si la Ligue et le duc de Mayenne ne sont vraiment animés que par des intérêts religieux et si le but principal de Mayenne n’est pas son élévation au trône, mais bien la destruction de l’hérésie.

-- 3) Le légat est aussi chargé de faire savoir si rien ne laisse espérer que Navarre redeviendra catholique.

-- 4) Finalement, Caetani doit surveiller d’un œil vigilant les visées de l’Espagne et s’assurer, en particulier, si les Espagnols songent surtout à l’élection d’un Roi catholique et non plutôt à l’extension de leur puissance en France.

 

Cependant, en décembre, ému par la marche d’Henri IV sur Paris, Sixte V fait remettre au cardinal Gesualdo, en sa qualité de représentant du Roi d’Espagne, une déclaration portant que le Pape est prêt à conclure une alliance avec Philippe II à l’effet de sauver la religion catholique en France.

 

=> Les 10 et 14 janvier 1590, le Pape reçoit François de Luxembourg, qui se présente au nom des partisans catholiques d’Henri de Navarre. Le duc rapporte que son Roi l’a chargé de dire au Saint Père qu’il n’est pas un hérétique obstiné:

""si on l’instruit, il veut bien renoncer à ses erreurs. Il rapporte, également, qu’Henri de Navarre lui a affirmé qu’il croyait en la présence réelle du Christ dans le sacrement de l’autel. Dieu soit loué, s’écrie le Pape, ça c’est une bonne nouvelle ! ""

=> Olivarès, ambassadeur d’Espagne à Rome, demande que Luxembourg soit immédiatement congédié. Sixte V rejette catégoriquement cette requête :

«Nous ne renverrons pas Luxembourg ; il est pour Nous un gage de la sincérité de ceux qui l’ont envoyé. »

 

Le cardinal légat reçoit alors des instructions de ne pas repousser les négociations avec les partisans catholiques d’Henri de Navarre. Mais, le comportement du légat est en contraste flagrant avec l’attitude conciliante du Pape. Il fait voir qu’il ne veut rien savoir de Navarre, même s’il devient catholique. Il va jusqu’à verser à Mayenne 50 000 écus et cela au moment même où Sixte V refuse au seigneur de Diou ― envoyé de Mayenne ― l’aide financière qu’il lui demande.

=> Pour justifier ce refus le Pape déclare qu’il est convaincu que, pour les Ligueurs, la religion n’est qu’un prétexte pour la poursuite de buts matériels.

=> La réponse de Philippe II aux propositions d’alliance qui lui ont été faites en décembre parvient à Rome le 22 février: elle est affirmative sur tous les points.

Mais le 28, le Pape fait une réponse évasive. De plus en plus inquiet, Olivarès lit à Sixte V une lettre de Philippe II demandant, en termes autoritaires,

--> la ratification du projet d’alliance de décembre,

--> le renvoi immédiat de Luxembourg,

--> une déclaration d’inaptitude à jamais de Navarre au trône et l’excommunication des cardinaux, princes et seigneurs qui lui sont attachés.

 

** En réponse, le Pape menace d’excommunier le Roi d’Espagne. **.. Un Pape défenseur du Droit monarchique français contre la Ligue

 

--> Le 17 mars, par trois fois, Olivarès réitère sa demande à genoux. Le Pape ne se laisse pas ébranler. Olivarès menace en disant que son Roi retirerait son obéissance à l’égard du Saint-Siège.

--> Le 19 mars, lors d’une Congrégation extraordinaire, le Pape reçoit le soutien de la majorité des cardinaux, dont le cardinal d’Aragon. La fureur d’Olivarès ne connaît plus de bornes.

--> Le 22 mars, Sixte V propose aux cardinaux son expulsion et son excommunication. La majorité se déclare pour la prudence.
On reçoit, alors, à Rome, la nouvelle que Mayenne a subi, le 14, près d’Ivry, une défaire sanglante.

Le cardinal de Bourbon, “Charles X”, meurt le 9 mai 1590.

--> Le duc de Sessa, qui jouit de la pleine confiance de Philippe II, arrive à Rome le 21 juin. 
Le 26, il expose au Pape le but de sa mission :

--> obtenir l’exécution des propositions de décembre et

--> gagner Sixte V à la façon de voir du Roi quant à la succession de France.

---- Cette façon de voir est la suivante : -----

--> Mayenne doit devenir Roi et, pour prix de son couronnement, il cédera à l’Espagne la Bourgogne, le Dauphiné et la Bretagne ;

--> si l’on ne peut imposer Mayenne, c’est un fils du duc de Lorraine qui doit monter sur le trône de France, on le mariera à une fille de Philippe II d'Espagne, en échange de quoi la Lorraine passera à l’Espagne

 

Le Pape répond qu’il n’accordera jamais son concours à la Ligue, car la vieille dissension entre les familles de Bourbon et de Guise n’a rien à voir avec la religion.

Dans une lettre, datée du 12 juin, Philippe II écrit au Pape :

""Après cette action contre Henri de Navarre, inspirée par Dieu, au début de Votre pontificat, c’est avec un grand étonnement que j’ai vu Votre Sainteté laisser l’hérésie prendre racine en France… Je ne peux pas croire que Dieu ait oublié son Église au point que son vicaire puisse la négliger.""

 

Le Pape tempère et cherche à gagner du temps. Les Espagnols se croient au but. Puis coup de théâtre: Sixte V soumet à la Congrégation de France la question importante de savoir si, en cas de vacance du trône, le choix d’un roi de France était de l’affaire du Pape. Olivarès et Sessa sont frappés de mutisme. Ils présentent au Pape un ultimatum, en vain. Le Pape ne ratifie pas le traité qu’ils ont préparé.

--> Le 28 juillet, le Pape s’exprime en toute franchise à l’ambassadeur vénitien Badoer :

« Nous voulons rétablir la paix en France, mais sans faire de Nous l’auxiliaire de l’ambition étrangère».

Il lui indique très nettement qu’il souhaite la conversion d’Henri de Navarre et qu’alors, il le reconnaîtrait comme Roi ... Henri IV, le fera & l'intrigue de la Guerre de Religion avec l'opportunisme de traîtres prendra fin.

--------------------------------------------------------------

--------------------------------------------------------------

=> Le Roi Henri IV (Le Vert Galant) - Excommunié car Protestant donc hérétique

Puis, deviendra Catholique pour devenir Roi de France

--------------------------------------------------------------

--------------------------------------------------------------

=> Le Roi Louis XIV "Dieudonné" -- le Roi Soleil -- Excommunié en 1687, par le Pape

 Innocent XI, pour cause de gallicanisme et pour l'occupation française des possessions pontificales d'Avignon et du Comtat Venaissin.

 

Le Roi, seul au pouvoir en 1661, doit d'abord reculer devant la cabale des dévots mais rapidement, ses réformes gallicanes affirment son autorité et l'indépendance du clergé français par rapport au pape (donc aux jésuites). Alexandre VII est même menacé de guerre en 1662 car il veut réduire l'extraterritorialité de l'ambassade de France à Rome (pour raisons diplomatiques et de police). Avignon est occupée.

=> Louis XIV veut soumettre les factions religieuses du royaume dans une unité d'obéissance. Il encourage ainsi les conversions de la noblesse protestante au catholicisme. En outre, dès le 13 décembre 1660, il fait savoir au Parlement qu’il a décidé d’éradiquer le jansénisme où il voit un rigorisme rendant impossibles les hardiesses requises d'un chef d'État dans l'exercice de son autorité et l’obéissance due par les sujets. 

--> Louis XIV a une nette inclination thomiste et moliniste. En 1664 il dissout les congrégations secrètes (ce qui vise la compagnie du Saint-Sacrement des dévots).

--> Face au pape, il finit par affirmer son droit de régale sur l'ensemble des évêchés français (malgré les protestations de Rome mais aussi des évêques jansénistes de Pamiers et d'Alet lors de l'affaire de la régale).

La politique religieuse du Roi est donc gallicane, même s'il doit obtenir de l’autorité romaine les bulles nécessaires pour anéantir la dissidence janséniste.

 

=> Toutefois, la politique étrangère de Louis XIV entraîne une nouvelle rupture avec le pape (refus d'adhérer à l'alliance anti-ottomane, soutien du pape aux Habsbourg d'Autriche). Louis XIV revient alors à une vision de l'Église gallicane constituée autour de Bossuet : à l'assemblée du clergé de 1682 la déclaration sur les libertés de l'Église gallicane fixe les limites du pouvoir du pape par la déclaration des Quatre articles. Celle-ci est brûlée par Rome.

 

** La déclaration définit les « libertés de l'Église gallicane », selon lesquelles **

  • le souverain pontife n'a qu'une autorité spirituelle ; les princes ne sont donc pas soumis à l'autorité de l'Église dans les choses temporelles ; le pape ne peut juger les Rois, ni les déposer ; les sujets du Roi ne sauraient être déliés du serment d'obéissance ;

  • l'usage de la puissance pontificale est réglé par les canons de l'Église ; mais, à côté d'eux, les principes et les coutumes de l'Église gallicane qui existent depuis toujours doivent demeurer en vigueur ;

  • le concile œcuménique, réunion de tous les évêques de la chrétienté, prend des décisions qui ont une valeur supérieure à celles du pape dont l'autorité est donc